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Au Kurdistan irakien, le parti de Massoud Barzani en tête des élections législatives

© Shwan Mohammed, AFP | Un colonel s'apprête à voter dans un bureau de vote de Souleimaniye, au Kurdistan iraken, le 28 septembre 2018.

Dernière modification : 22/10/2018

Trois semaines après la tenue d'un scrutin contesté pour des accusations de fraude, le parti de l'ex-président kurde Massoud Barzani, grand architecte du référendum d'indépendance, a remporté haut la main les législatives au Kurdistan irakien.

La commission électorale a enfin annoncé les résultats des élections législatives qui se sont tenues le 30 septembre, dans la région autonome du nord de l'Irak. Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) s'est imposé comme le leader sans partage du Kurdistan irakien. Il a obtenu 686 070 voix, soient 45 sièges, tandis que son grand rival historique, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), a remporté 21 sièges avec 319 912 voix, selon les résultats définitifs.

Les deux poids lourds de la politique kurde s'étaient récemment lancés dans une bataille inédite à Bagdad, pour le poste de président de l'Irak, purement honorifique. C'est finalement Barham Saleh, le candidat de l'UPK, qui l'a remporté, maintenant le statu quo qui depuis des années réserve ce poste à son parti, tandis que le PDK a la présidence du Kurdistan.

Le parti Goran ("changement" en kurde), jusqu'alors grande force d'opposition aux deux partis historiques de la région autonome, a perdu la moitié de ses sièges avec 12 députés élus cette fois-ci. L'outsider qui réalise une percée, après avoir remporté quatre sièges aux législatives fédérales de mai, est Nouvelle génération, qui s'assure huit sièges avec 127 115 voix. Onze sièges sont réservés aux minorités ethniques et religieuses des trois provinces du Kurdistan, autonome depuis 1991 – cinq pour les Turkmènes, cinq pour les chrétiens et un pour les Arméniens.

Une majorité au Parlement ?

Théoriquement, le PDK peut donc obtenir la majorité au Parlement sans avoir besoin de s'associer avec aucun de ses rivaux politiques et uniquement en rassemblant les députés des minorités, selon les experts.

Goran et plusieurs partis islamistes ont déjà annoncé rejeter les résultats de ce scrutin qui avait suscité peu d'enthousiasme et pour lequel 57 % des électeurs avaient fait le déplacement, selon des chiffres officiels contestés par certains.

Des recours pourront être déposés devant la justice de la région autonome, a précisé le président de la commission électorale, Handerin Mohammed Saleh, lors de la conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé les résultats. Le gouvernement local sera ensuite formé par la plus grande coalition au sein du Parlement kurde, tandis que le devenir du poste de président du Kurdistan, vacant depuis le départ  2017 de Massoud Barzani, reste en suspens. Il a été gelé jusqu'à la rédaction d'une nouvelle Constitution et sa validation par le Parlement, pour lesquelles aucun calendrier n'a été fixé. Les pouvoirs du président sont pour le moment répartis entre le Premier ministre, le président du Parlement et le président de la Cour suprême.

>> À lire : Kirkouk, "la Jérusalem des Kurdes", pierre d'achoppement du projet indépendantiste

Avec Reuters

Première publication : 21/10/2018

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