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Trump annonce la fin d'un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie

Le président américain Donald Trump, le 20 octobre 2018, à l'aéroport d'Elko, dans le Nevada.
Le président américain Donald Trump, le 20 octobre 2018, à l'aéroport d'Elko, dans le Nevada. Jonathan Ernst, Reuters

Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient se retirer d'un traité signé avec la Russie sur le contrôle des forces nucléaires à portée intermédiaire. Plusieurs représentants américains ont dit que Moscou ne respectait pas le traité.

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Donald Trump a annoncé, samedi 20 octobre, que les États-Unis allaient se retirer d'un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la Guerre froide, accusant Moscou de le violer "depuis de nombreuses années".

"La Russie n'a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l'accord et développer ces armes", a annoncé le président américain, lors d'une visite à Elko, dans le Nevada. "Nous n'allons pas les laisser violer l'accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n'y sommes pas autorisés".

Le traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l'époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Ce traité, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5 500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Oleg Kobtzeff, spécialiste de la Russie à l''université américaine de Paris

Washington croit savoir que la Russie, en violation du traité INF, met au point un système terrestre de lancement de missiles qui lui permettrait de mener des frappes nucléaires en Europe, ce que Moscou dément.

Un "gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale"

Ce retrait est motivé par le "rêve" des Américains de dominer seuls le monde, a ainsi rapidement réagi une source au ministère russe des Affaires étrangères, en accusant Washington d'avoir "délibérément" sapé cet accord au fil des ans.

Le retrait américain "est le deuxième plus gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale", a aussi affirmé un sénateur russe, Alexeï Pouchkov, le premier étant le retrait américain en 2001 du traité ABM sur les missiles antibalistiques. "Et encore une fois, ce sont les États-Unis qui prennent l'initiative de dissoudre l'accord", a-t-il poursuivi sur Twitter.

>> À lire : Poutine fait étalage de son arsenal pour "calmer les agresseurs potentiels"

Donald Trump a fait cette annonce alors même que son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, s'apprêtait à se rendre à Moscou samedi pour "poursuivre" le dialogue controversé entamé en juillet entre le président des États-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine. Le conseiller, connu pour ses positions fermes, avait notamment prévu d'y rencontrer à partir de lundi le ministre russe de Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev.

Selon le Guardian, c'est John Bolton lui-même qui fait pression sur le président américain pour un retrait du traité INF. C'est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger.

Le retrait américain de l'INF pourrait avoir aussi Pékin en ligne de mire. La Chine, n'étant pas signataire, peut développer sans contrainte des armes nucléaires de portée intermédiaire.

Avec AFP et Reuters

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