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Moyen-Orient

Affaire Khashoggi : les explications incomplètes de Riyad

© Mohamed el-Shahed, AFP | Un agent de sécurité garde l'entrée du consulat saoudien à Istanbul.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/10/2018

Après des semaines de silence, les autorités saoudiennes reconnaissent désormais que le journaliste et opposant Jamal Khashoggi a été tué dans leur consulat à Istanbul. Mais elles disent ignorer où se trouve son corps.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé, dimanche 21 octobre, "ne pas savoir où se trouve le corps" du journaliste Jamal Khashoggi.

"Nous avons découvert qu'il a été tué au consulat [saoudien à Istanbul]. Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps", a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, depuis Riyad, dans un entretien à la chaîne américaine Fox News.

"Les individus qui ont fait cela l'ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités. Une erreur monumentale a été faite, qui a été aggravée par la tentative de la cacher", a ajouté M. Al-Jubeir, assurant que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane n'était "pas informé" de l'opération, non-autorisée par le pouvoir.

Le roi Salmane "est déterminé" à ce que "les responsables" de la mort du journaliste "rendent des comptes", ainsi qu'à "mettre en place des procédures au sein des services de sécurité afin d'empêcher que des choses pareilles se produisent à nouveau", a indiqué le ministre saoudien.

Erdogan promet de "révéler toute la vérité"

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis, dimanche 21 octobre, de révéler "toute la vérité" sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

"Je ferai une déclaration à ce sujet mardi lors de la réunion du groupe du parti", a déclaré le chef de l'État turc. "Nous cherchons la justice ici, et toute la vérité sera révélée."

>> À lire : La Turquie veut retrouver le corps et aller au bout de l’enquête

Déclaration commune de la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni

L'Arabie saoudite doit exposer des faits pour expliquer ce qui est arrivé au journaliste pour être considérée comme crédible, ont de leur côté déclaré dimanche l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni dans un communiqué commun.

Après deux semaines de dénégation, l'Arabie saoudite a reconnu samedi la mort du journaliste saoudien, qui vivait depuis un an aux États-Unis et se montrait critique envers le prince héritier Mohamed ben Salmane. Riyad a expliqué qu'il était mort dans une bagarre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

Une source saoudienne haut placée a ensuite indiqué que le journaliste âgé de 59 ans avait été tué accidentellement par une prise d'étranglement au cours d'une altercation dans le consulat.

>> À lire : Ces patrons français qui vont bouder le "Davos du désert" à Riyad

"Rien ne peut justifier ce meurtre et nous le condamnons dans les termes les plus fermes", déclarent les trois pays dans un communiqué publié à Londres.

"Il reste un besoin urgent de clarifier exactement ce qui s'est passé (...) au-delà des hypothèses avancées jusqu'ici dans l'enquête saoudienne, qui doit être étayée par des faits pour être considérée comme crédible."

Donald Trump évoque des "mensonges"

Le président américain, Donald Trump, a durci le ton envers Riyad, évoquant des "mensonges" dans les explications sur la mort du journaliste, alors qu'il faisait face à une pression croissante aux États-Unis pour agir contre la monarchie.

"Il y a manifestement eu tromperie et mensonges", a-t-il déclaré dans un entretien publié par le Washington Post, journal auquel collaborait Jamal Khashoggi. "Leurs histoires partent dans tous les sens", a ajouté le locataire de la Maison Blanche, qui avait d'abord jugé "crédible" la version de Riyad selon laquelle le journaliste aurait été tué au cours d'une rixe au consulat saoudien à Istanbul.

Donald Trump a cependant tenu à ménager le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, "une personne forte", qui "aime vraiment son pays", selon lui. "Personne ne m'a dit qu'il était responsable. Personne ne m'a dit qu'il n'était pas responsable. Nous ne sommes pas arrivés à ce point", a dit le président américain, évoquant la "possibilité" que MBS n'ait eu qu'a posteriori connaissance des événements.

La relation Washington-Riyad "surmontera" cette affaire, a par ailleurs estimé le chef de la diplomatie saoudienne, assurant que Mohammed ben Salmane n'était "pas informé" de l'opération.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 21/10/2018

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