Accéder au contenu principal

Budget 2019 : l'Italie sous pression de la Commission européenne

 Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, lors d'un meeting du Mouvement 5 étoiles, le 21 octobre 2018, à Rome.
Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, lors d'un meeting du Mouvement 5 étoiles, le 21 octobre 2018, à Rome. Max Rossi, Reuters

Le gouvernement italien, qui a transmis à Bruxelles son projet de loi de finances pour 2019, s'attend à ce qu'il soit rejeté lundi. La Commission lui reproche d'aggraver le déficit et d'enfreindre les règles budgétaires de l'UE.

Publicité

La semaine s’annonce agitée pour l’Italie. Rome doit remettre, lundi 22 octobre, à midi, ses réponses aux questions de la Commission sur son projet de budget, à la suite de quoi l'exécutif européen statuera.

Dans la ligne de mire de Bruxelles : le programme anti-austérité engagé par la nouvelle coalition populiste, formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème).

La coalition entend mettre en œuvre ses promesses électorales (départ en retraite facilité, revenu de citoyenneté pour les plus modestes...) et donner ainsi un coup de fouet à la croissance, via une demande plus forte et davantage d'investissements. Bruxelles a entamé un bras de fer avec Rome en réclamant officiellement des "clarifications". La Commission a fait état d'un dérapage budgétaire "sans précédent" et pointé un risque de "non-conformité grave" avec les règles européennes. Ceci pourrait l'amener à rejeter ce budget, ce qui serait une première dans l'histoire de l'UE.

La commission européenne veut des réponses

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a déclaré, lundi, sur France Inter que l'exécutif européen ne souhaitait pas de crise autour du projet de budget de l'Italie pour 2019, mais qu'il avait toujours des questions à ce sujet. "Le maximum que nous pouvons faire, c'est une possibilité, nous allons en débattre, c'est de demander à l'Italie de resoumettre un autre budget qui tienne compte des observations, des questions et aussi des règles européennes", a-t-il déclaré, notant que "ce serait une première".

Inquiète des choix de la coalition populiste au pouvoir à Rome, l'agence de notation rivale Moody's a déjà baissé d'un cran la note de l'Italie. Moody's classait jusqu'à présent la dette italienne au niveau Baa2 et S&P à BBB, soit parmi les émetteurs de qualité moyenne mais en mesure de faire face à leurs obligations de manière adéquate.

Samedi, le gouvernement italien a promis d'expliquer son budget tout en réaffirmant son engagement à rester dans la zone euro. "Le plus important est d'expliquer le budget à nos interlocuteurs européens", a déclaré le chef du gouvernement Giuseppe Conte, alors que la Commission européenne le juge de son côté largement "hors des clous" européens. L'Italie ploie déjà sous une dette de 2 300 milliards d'euros, qui représente quelque 131 % de son PIB.

Pour ne rien arranger, les prévisions de croissance du gouvernement sont jugées beaucoup trop optimistes (1,5 % en 2019 contre 1 % prévu par la plupart des observateurs, dont le FMI), ce qui pourrait encore aggraver le déficit.

Avec AFP et Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.