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"Caravane" de migrants : pourquoi des milliers de Honduriens fuient leur pays

Un migrant hondurien à la frontière du Guatemala, le 19 octobre 2018.
Un migrant hondurien à la frontière du Guatemala, le 19 octobre 2018. Ueslei Marcelino, Reuters

Quelque 7 000 Centraméricains ont entamé la semaine dernière une marche vers les États-Unis afin d'y trouver refuge. Parmi eux, de nombreux Honduriens fuyant la violence de leur pays, surnommé le "centre mondial du meurtre". État des lieux.

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"Nous savons qu'il y a ici aussi des narcotrafiquants qui enlèvent et tuent les migrants, mais nous avons encore plus peur dans notre pays", déclare à l'AFP Juan Carlos Flores. Ce migrant hondurien de 47 ans fait partie des milliers d'hommes, femmes et enfants qui ont quitté, la semaine dernière, le Honduras pour tenter de gagner à pied les États-Unis. Dimanche 21 octobre, 3 000 d’entre eux sont parvenus à traverser la frontière sud du Mexique, tandis que l’autre millier, bloqué sur un pont frontalier par les autorités mexicaines, attendent de pouvoir entrer légalement dans le pays. Selon le ministère mexicain de l'Intérieur, 1 028 demandes d'asile ont été déposées entre vendredi et dimanche.

France 24

Du fait de son nombre impressionnants de "marcheurs", cet exode massif suscite un important écho médiatique mais, l'année dernière, ce sont 600 000 Honduriens qui ont fui leur pays, à la recherche de meilleurs horizons aux États-Unis, mais aussi au Guatemala et au Mexique. La grande majorité d’entre eux prennent la route de l’exil en raison de la narco-criminalité à grande échelle qui gangrène le pays.

"Centre mondial du meurtre"

Situé entre le Nicaragua, le Salvador et le Guatemala, le Honduras est un point de transit stratégique pour le trafic de la cocaïne en provenance d'Amérique du Sud et destinée aux États-Unis. Considéré comme l'un des pays les plus violents du monde, il affiche un taux annuel de 43 homicides pour 100 000 habitants.

En 2012, le taux atteignait 85,5 homicides pour 100 000 habitants, ce qui a valu au Honduras d’être surnommé le "centre mondial du meurtre". Plus concrètement, 20 personnes en moyenne y était tuées chaque jour, selon l’Observatoire de la violence à l’Université nationale autonome du Honduras (NAUH). Dans la ville de San Pedro Sula, d'où viennent une grande partie des migrants, la proportion était cette année-là de 173 homicides pour 100 000 habitants, soit le taux le plus élevé de la planète hors zone de guerre.

Dans un rapport publié en 2016, l’organisation Amnesty International indiquait que les demandeurs d’asile venant du Honduras "entraient dans plusieurs catégories de risque : les personnes persécutées par un gang [appelé "maras"] ; les personnes travaillant ou impliquées dans des activités où il existe un risque d’extorsion ; les victimes et les témoins de crimes commis par des membres de gangs ou des forces de sécurité ; les enfants et les adolescents de zones où des gangs sont présents ; les femmes et les filles vivant dans des zones où des gangs sont présents ; les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI).

Situation économique et politique chaotique

Outre l’insécurité, la difficile situation économique apparaît comme un facteur important des départs massifs vers d’autres pays. Deuxième pays le plus pauvre d'Amérique centrale, après le Nicaragua, le Honduras fait face à de considérables inégalités sociales. Un tiers des personnes actives sont au chômage et au moins 68 % des 9 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Un Hondurien sur cinq vit avec moins de 2 dollars par jour.

La situation politique, particulièrement chaotique ces 10 dernières années, n’est pas étrangère, elle non plus, aux nombreux départs. En 2009, le coup d’État militaire ayant mené à la destitution du président démocratiquement élu, Manuel Zelaya, avait poussé 500 000 personnes à quitter le pays. L’an passé, les contestations nées des résultats de l’élection présidentielle ont créé un climat de tension entre les opposants et les partisans du président sortant, Juan Orlando Hernandez.

Farouchement opposé à l’entrée de ces milliers de "marcheurs" sur le territoire américain, Donald Trump s’en est d’ailleurs pris à l’inaction de ses homologues d’Amérique latine, incapables à ses yeux "d'empêcher les gens de quitter leur pays". "Nous allons commencer à couper, ou réduire de façon significative, l'énorme aide internationale que nous leur accordons", a-t-il fait savoir sur son compte Twitter.

Dans le cadre d’un accord économique visant à freiner la migration, les États-Unis ont promis, en 2014, de verser 750 millions de dollars au Honduras, au Guatemala et au Salvador. Au début de 2017, 125 millions de dollars avaient été versés au Honduras.

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