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Élections en Pologne : les conservateurs confortés sauf dans les grandes villes

Rafal Trzaskowski, candidat de l'opposition libérale à la mairie de la Plateforme civique (PO) polonaise, annoncé comme vainqueur, dans la capitale polonaise, à Varsovie, le 21 octobre 2018.
Rafal Trzaskowski, candidat de l'opposition libérale à la mairie de la Plateforme civique (PO) polonaise, annoncé comme vainqueur, dans la capitale polonaise, à Varsovie, le 21 octobre 2018. Marian Kuzba, AFP

Une première estimation donne les conservateurs du parti Droit et Justice, au pouvoir en Pologne, vainqueur des régionales qui avaient lieu dimanche. Mais dans la capitale, Varsovie, c'est un candidat pro-européen qui sort largement en tête.

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Le parti conservateur, au pouvoir en Pologne, est arrivé en tête des élections locales du dimanche 21 octobre, selon un sondage Ipsos réalisé à la sortie des urnes. Mais la formation a perdu du terrain dans les grandes villes, dont Varsovie, contrôlées par l'opposition.

Ce scrutin, sur fond de vives tensions avec la Commission européenne à propos des réformes judiciaires menées par Varsovie, est considéré comme un test avant les européennes fin mai et les législatives dans un an.

Le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski est crédité de 32,3 % des voix dans les élections aux conseils régionaux, devant la Coalition Civique – alliance d'opposition de la Plateforme civique (PO, centriste) et de Nowoczesna (libéral), qui en recueille 24,7 %, d'après un sondage de l'institut Ipsos.

Le parti paysan PSL arrive troisième, avec 16,6 % des voix. Son résultat montre que cette formation a bien résisté, alors que le PiS avait concentré beaucoup d'efforts sur les campagnes, où il peut compter sur le soutien du clergé catholique.

À Varsovie, Rafal Trzaskowski (PO), 46 ans, ancien député européen et ancien ministre, obtient 54,1 %, distançant nettement son rival du PiS, le vice-ministre de la Justice Patryk Jaki, 33 ans, toujours d'après le sondage Ipsos.

L'opposition s'adjuge aussi les mairies de plusieurs autres grandes villes, dont Lodz, Poznan, Lublin et probablement Wroclaw, où la marge donnant la victoire au candidat de la Coalition civique au premier tour est toutefois minime (50,1 %, à l'intérieur de la marge d'erreur).

"Un bon signe"

À Gdansk et à Cracovie, le maire ne sera élu qu'au second tour, le 4 novembre.  Tant le président du PiS Jaroslaw Kaczynski que celui de la Plateforme Civique Grzegorz Schetyna se sont réjouis de ce qu'ils considèrent tous les deux comme leur victoire. Jaroslaw Kaczynski a vu "un bon signe annonciateur pour les législatives", prévues dans un an, tout en appelant ses troupes à "travailler dur d'ici là". Il a fait acclamer par ses partisans le Premier ministre Mateusz Morawiecki qui s'était engagé à fond dans la campagne électorale.

Grzegorz Schetyna, lui, a vu dans le résultat de sa formation "un premier pas vers la victoire". Les résultats officiels doivent être connus mardi soir au plus tôt.

Dans les conseils régionaux, le PiS devrait renforcer ses positions – jusqu'à présent il n'en contrôlait qu'un sur seize – sans parvenir nécessairement à y mettre en place des coalitions nécessaires pour gouverner. Le parti conservateur est arrivé en tête dans neuf voïvodies (régions), tandis que la coalition d'opposition l'emporte dans les sept autres.

Le scrutin s'est déroulé dans un climat de forte tension entre les conservateurs et l'opposition. Avec une campagne relativement animée, c'est probablement la raison d'une participation record pour ce genre de scrutin, estimée par la Commission électorale à plus de 50 % (51,3 % selon Ipsos), contre 47,40 % en 2014.

Le parti conservateur a pu bénéficier de la reconnaissance  pour sa généreuse politique sociale, que la bonne marche de l'économie et un net succès dans la répression de l'évasion fiscale touchant la TVA lui ont permis de financer.

Ses électeurs voient aussi dans Jaroslaw Kaczynski un défenseur courageux des intérêts polonais face à l'Union européenne, y compris en ce qui concerne le refus d'accueillir des migrants sur le sol national. En revanche, ses réformes controversées et des procédés parfois jugés inconstitutionnels par l'opposition, ainsi que la brouille avec Bruxelles, ont consolidé l'électorat hostile au PiS

Avec AFP

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