Accéder au contenu principal

Des experts de l’ONU fustigent la loi française sur le niqab

Des experts de l'ONU ont estimé, mardi 23 octobre 2018, que la loi française sur le niqab violait "la liberté de religion (et) les droits humains" des musulmanes.
Des experts de l'ONU ont estimé, mardi 23 octobre 2018, que la loi française sur le niqab violait "la liberté de religion (et) les droits humains" des musulmanes. Miguel Medina, AFP

Des experts indépendants, réunis au sein du Comité des droits de l'Homme de l’ONU, estiment que l'interdiction du voile intégral en France est une forme d'oppression. Ils exhortent Paris à réviser la loi incriminée dans les six prochains mois.

Publicité

La France a porté atteinte aux droits des femmes. C'est la conclusion du comité des droits de l'Homme de l'ONU, qui a "condamné" Paris pour avoir verbalisé deux femmes qui portaient le voile islamique intégral (niqab).

En 2016, deux Françaises de confession musulmane condamnées à une amende pour le port en public du niqab avaient saisi ce comité. Dans un communiqué de presse, les experts ont jugé que "l'interdiction du niqab viole la liberté de religion (et) les droits humains" de ces deux musulmanes.

>> À lire : "Interdire le voile intégral est une entrave à la liberté"

Le président du Comité, l'Israélien Yuval Shany, a souligné qu'il considérait personnellement, comme "nombre" des 17 autres experts, que le niqab était "une forme d'oppression contre les femmes".

Mais le Comité a estimé que l'"interdiction généralisée à caractère pénal (...) a porté atteinte de manière disproportionnée au droit des deux plaignantes de librement manifester leur religion". Il a également reproché à cette loi de "marginaliser" ces femmes "en les confinant chez elles et en leur fermant l'accès aux services publics".

Le Comité demande en conclusion à la France de lui envoyer un "rapport de suivi" dans un délai de 180 jours sur les mesures prises pour "compenser les plaignantes" et "éviter que des cas similaires se reproduisent à l'avenir, y compris en révisant la loi incriminée".

Les 18 experts, élus pour 4 ans, sont chargés de surveiller le respect par les pays membres du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ces experts indépendants ne font que rendre des avis et n'ont aucun pouvoir de contrainte sur les États.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.