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Affaire Khashoggi : l’Iran se réjouit en silence des déboires de l’Arabie saoudite

L’Iran et l’Arabie saoudite ont rompu toutes leurs relations depuis 2016 et s’affrontent indirectement, au Yémen notamment.
L’Iran et l’Arabie saoudite ont rompu toutes leurs relations depuis 2016 et s’affrontent indirectement, au Yémen notamment. Brendan McDermid, Reuters

Téhéran se fait discrète sur l'affaire Khashoggi. Mais les répercussions potentielles de l’affaire sur son grand rival, l’Arabie saoudite, pourraient lui être favorables, à l'approche d'un nouveau de train de sanctions des Américains.

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Alors que la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a suscité une vague d'opprobre internationale contre l'Arabie saoudite, le silence de l'Iran, grand rival de Riyad, peut surprendre. Pour la journaliste de France 24 spécialiste de l’Iran, Mariam Pirzadeh, cette absence de réaction officielle s’explique par plusieurs raisons : "L’Iran traverse une grave crise économique et, dans ce contexte, s’ingérer dans des affaires extérieures pourrait mal passer aux yeux de l’opinion publique iranienne. Par ailleurs, en termes de droits de l’Homme, l’Iran ne peut pas s’imposer comme un défenseur de la liberté d’expression."

La République islamique a simplement indiqué suivre les faits. La diplomatie iranienne reste discrète en ce moment sur plusieurs dossiers extérieurs, selon la journaliste.

>> À lire : Affaire Khashoggi, Mohammed ben Salmane peut-il en sortir indemne ?

Mais si Téhéran a gardé le silence jusqu’à présent, la situation lui est clairement favorable : "L’Iran est le principal bénéficiaire des répercussions de l’affaire Khashoggi sur l’Arabie saoudite, la famille royale saoudienne et surtout le prince héritier Mohammed ben Salmane", analyse Mariam Pirzadeh.

"L’affaire Khashoggi a abîmé l’image réformiste de Mohammed ben Salmane", selon la presse iranienne

L’Iran et l’Arabie saoudite ont rompu toutes leurs relations depuis 2016 et s’affrontent indirectement, au Yémen notamment. Téhéran dénonce ainsi régulièrement les bombardements de la coalition militaire sous commandement saoudien contre les rebelles houthis, tandis que Riyad et Washington accusent la République islamique de contribuer à les armer, en leur fournissant des missiles.

Par ailleurs, alors que les États-Unis avaient fait de l’Arabie saoudite leur principal allié contre l’Iran, l’affaire pourrait faire bouger les lignes : "En perdant l’Arabie saoudite, Donald Trump serait diminué face à l’Iran, et cela les Iraniens l’ont bien compris." Dans ce contexte, "l’affaire Khashoggi pourrait donner des arguments aux Européens qui veulent sauver l’accord sur le nucléaire", estime Mariam Pirzadeh.

>> À lire : Jamal Khashoggi, sa dernière tribune traduite en français

Après le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, le deuxième volet des sanctions américaines à l'encontre de Téhéran, visant cette fois le secteur pétrolier, sera effectif le 4 novembre. Or pour compenser les perturbations attendues après l'entrée en vigueur des sanctions contre l’Iran, Mohammed ben Salmane ("MBS") avait proposé à Donald Trump d’augmenter la production saoudienne.

La journaliste de France 24 relève, en tout cas, que si les autorités iraniennes ont choisi le silence, ce n’est pas le cas de la presse iranienne tant du côté des journaux réformateurs que conservateurs. Les premiers pointent que "l’affaire a abîmé l’image réformiste du prince héritier Mohammed ben Salmane", les seconds soulignent que la mort du journaliste saoudien est en partie de la faute des Occidentaux qui ont soutenu coûte que coûte l’Arabie saoudite et "MBS" face à l’Iran.

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