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Un eurodéputé italien de la Ligue piétine les notes de Moscovici

Le Commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici, à Rome, le 18 octobre 2018.
Le Commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici, à Rome, le 18 octobre 2018. Alberto Pizzoli, AFP

Pour protester contre le rejet du projet de budget italien par l’UE, le député européen Angelo Ciocca s’est emparé mardi des notes du Commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, et a posé sa chaussure dessus.

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La classe politique dirigeante en Italie n’a pas tardé à réagir, mardi 23 octobre, au rejet de son budget anti-austérité par la Commission européenne. "C'est le premier budget italien qui ne plaît pas à l'UE. Cela ne m'étonne pas : c'est le premier budget italien qui a été rédigé à Rome et non à Bruxelles !", a lancé le ministre du Développement économique et dirigeant du mouvement populiste 5 étoiles, Luigi Di Maio.

"Ils ne sont pas en train de s'attaquer à un gouvernement mais à un peuple. Ce sont des choses qui mettent les Italiens encore plus en colère et après, on se plaint que la popularité de l'Union européenne soit au plus bas", a ajouté son partenaire de coalition, le chef de file de la Ligue (extrême droite) et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Selon lui, l’Italie n’entend pas revenir en arrière dans son projet pourtant non conforme au Pacte européen de stabilité et de croissance.

L’eurodéputé italien Angelo Ciocca, membre de la Ligue, a choisi d’illustrer la colère de son parti contre l’institution européenne par un coup d’éclat. À la fin du discours de rejet du budget au Parlement européen de Strasbourg, il s’est emparé des notes du Commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici. Calmement, il les a alors posées devant lui afin d’appliquer sa chaussure dessus, devant le regard incrédule du Commissaire.

Angelo Ciocca, fidèle à l’humour italien, a tweeté avoir "marché (avec une semelle faite en Italie, sic) sur la montagne de mensonges de Moscovici contre notre pays. L’Italie mérite le respect et ces idiots européens doivent comprendre que nous ne baisserons plus la tête".

"Jour historique"

Le débat en Italie autour du budget a été particulièrement houleux ces dernières semaines. Le ministre de l’Économie et des Finances, Giovanni Tria, désigné par le président Mattarella pour servir de garde-fou contre les deux vice-présidents populistes du Conseil, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, s’est résigné à valider les promesses électorales des deux hommes. Alors que l’Italie reste le deuxième pays le plus endetté de la zone euro après la Grèce (132 % du PIB), le ministre comptait rester sous la barre des 2 % de déficit pour assurer la croissance. Mais c’est Luigi Di Maio, qui menaçait de ne pas voter le projet de loi de finances, qui a eu le dernier mot avec un projet de déficit à 2,4 % en 2019.

"Aujourd'hui est un jour historique ! Aujourd’hui, l'Italie a changé ! Nous avons ramené à la maison l’initiative populaire", avait tweeté le ministre du Développement économique, qui compte mettre en place le plus rapidement possible ses réformes sociales. Au premier rang desquelles la mise en place d’un "revenu citoyen" de 780 euros par mois et l’avance de l’âge de départ à la retraite à 62 ans, synonymes d’augmentation significative des dépenses publiques.

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a affirmé mardi qu’il n’y a pas de "plan B" après le rejet du budget. Si l'Italie ne présente pas un nouveau projet, Bruxelles pourrait ouivrir une "procédure pour déficit excessif" et mettre en place des pénalités financières.

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