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Moyen-Orient

Washington révoque les visas des Saoudiens impliqués dans le meurtre de Khashoggi

© Alex Wong, AFP | Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo à Washington le 23 octobre 2018.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/10/2018

Les États-Unis ont annoncé mardi soir la révocation des visas des Saoudiens impliqués dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Selon le département d'État américain, 21 personnes sont concernées.

C’est la première décision concrète de Washington à l’encontre de son alliée l’Arabie saoudite depuis le meurtre de Jamal Khashoggi. Les États-Unis ont engagé, mardi 23 octobre, la révocation des visas des Saoudiens impliqués dans l’affaire. "Ces sanctions ne seront pas le dernier mot des États-Unis sur ce dossier", a averti le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Cette mesure vise 21 personnes, qui se voient révoquer leur visa ou qui deviennent inéligibles à de futurs visas.

>> À lire aussi : Affaire Khashoggi : retour sur trois semaines de crise ouverte entre Ankara et Riyad

Mardi soir, le président américain Donald Trump a affirmé que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS", avec qui il a dit avoir échangé lundi, lui avait assuré ne pas être impliqué dans le meurtre du journaliste. "Il a fermement dit qu'il n'avait rien à voir avec cela, c'était à un niveau inférieur", a-t-il déclaré lors d'une réunion avec des chefs militaires.

Croit-il à la version donnée par les Saoudiens ? "Je veux d'abord connaître les faits", a-t-il déclaré un peu plus tôt, avant de critiquer l'opération elle-même : "Ils avaient un très mauvais projet à l'origine, il a été très mal exécuté et l'opération de dissimulation a été l'une des pires de l'histoire des opérations de dissimulation." Le locataire de la Maison Blanche a toutefois pris soin de souligner combien Riyad était un "excellent allié" de Washington depuis des décennies et a rappelé que le royaume sunnite était "l'un des principaux investisseurs aux États-Unis".

>> À lire aussi : Jamal Khashoggi, sa dernière tribune traduite en français

Trois semaines après le meurtre de Jamal Khashoggi, un éditorialiste qui collaborait avec le Washington Post, dans le consulat de son pays à Istanbul, la pression internationale sur Riyad ne faiblit pas. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi à punir "toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires", sans cependant citer nommément le prince héritier.

Le président turc a affirmé que les agents saoudiens avaient effectué des repérages dans une forêt près d'Istanbul et dans une ville du nord-ouest de la Turquie avant le meurtre, suggérant qu'ils cherchaient un lieu où cacher le corps. En outre, le circuit de vidéosurveillance du consulat avait été "désactivé" le matin du meurtre, a poursuivi Recep Tayyip Erdogan. Il a toutefois paru soucieux d'épargner le roi Salmane, se disant "confiant" dans le fait que ce dernier coopérerait avec la Turquie dans l'enquête.

>> Sur France 24 : Comment le président Erdogan compte tirer parti de l'affaire Khashoggi

Londres emboîte le pas

Londres a également annoncé dans la journée l'annulation des visas britanniques éventuellement détenus par les suspects du meurtre du journaliste.

"Le ministre de l'Intérieur prend les mesures nécessaires pour empêcher les suspects d'entrer au Royaume-Uni", a affirmé la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement. "Si ces individus disposent de visas, ces visas seront révoqués aujourd'hui", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle parlerait avec le roi saoudien.

Avec AFP

Première publication : 24/10/2018

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