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Paris envisage de rapatrier des enfants de jihadistes français signalés en Syrie

Le drapeau syrien flotte à côté d'un slogan de l'EI à Palmyre, en avril 2016.
Le drapeau syrien flotte à côté d'un slogan de l'EI à Palmyre, en avril 2016. Omar Sanadiki, Reuters

Le Quai d'Orsay a annoncé, mercredi, que certains enfants de jihadistes français nés en Syrie et détenus par les Kurdes pourront être rapatriés. Une décision "hypocrite", dénoncent les avocats de Françaises retenues en Syrie.

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La France envisage de rapatrier de Syrie des enfants mineurs mais sans leurs mères, jihadistes présumées ou compagnes de jihadistes, pour la plupart entre les mains des Kurdes syriens.

"On les rapatriera autant que possible à condition que la mère soit d'accord. On a commencé à regarder comment les choses peuvent se faire", a déclaré une source française sous couvert d'anonymat.

Ces enfants, retenus dans le nord de la Syrie avec leurs mères dans des camps gérés par les militaires kurdes depuis l'effondrement de l'organisation État islamique (EI) en 2017, ont été signalés sur place ou par les familles en France.

Seule une partie d'entre eux ont toutefois été identifiés et localisés avec précision, dans les zones kurdes, ouvrant la voie à un rapatriement, ajoute la source française citée, sans avancer de chiffres sur le nombre possible de retours.

Les enfants ont pour la plupart moins de six ans et sont donc nés sur place. Les mères resteront elles en Syrie, souligne la source.

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L'exception des mineurs

À l'instar de nombreux pays occidentaux qui ne souhaitent pas voir revenir sur le sol national des jihadistes, la France exclut tout retour des adultes, combattants ou épouses, considérées comme des militantes de l'EI, au grand dam des avocats représentant les familles en France.

"Ceux qui ont commis des délits ou des crimes en Irak et Syrie doivent être jugés en Irak et Syrie", martèle le ministère des Affaires étrangères.

"L'exception c'est les mineurs, dont la situation sera examinée au cas par cas. On a un devoir particulier de sauvegarder l'intérêt supérieur de l'enfant", ajoute le Quai d'Orsay.

Nombre d'observateurs ont relevé que les enfants risquaient, en restant dans les camps, de grandir dans un huis clos radicalisé, d'y être endoctrinés au contact des adultes et de devenir eux-mêmes à terme des "bombes à retardement".

"Scandaleux et hypocrite"

Le rapatriement s'annonce toutefois très compliqué, le Kurdistan syrien n'étant pas un État reconnu par la communauté internationale, et Paris n'entretenant pas de relations diplomatiques avec Damas.

L'annonce du Quai d'Orsay a été fraîchement accueillie par les avocats des Françaises retenues en Syrie, qui dénoncent depuis le départ leur détention illégale, et dans de très mauvaises conditions sanitaires. "C'est scandaleux et hypocrite de la part du gouvernement français", a déclaré à l'AFP Me Bruno Vinay, avocat d'Emilie König, la plus connue des détenues françaises chez les Kurdes.

"La France laisse ces femmes seules face au choix inhumain de se séparer de leurs enfants. Vu que c'est tout ce qu'il leur reste, il est possible que seule une minorité accepte de s'en séparer", estime-t-il.

Au total, une quarantaine de familles, mères et enfants, on été signalées en Syrie, selon une source française.

Avec AFP

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