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En Centrafrique, le président de l'Assemblée nationale a été destitué

Karim Meckassoua à l'Assemblée nationale, à Bangui, le 27 juillet 2018.
Karim Meckassoua à l'Assemblée nationale, à Bangui, le 27 juillet 2018. Charles Bouessel, AFP

Les députés centrafricains ont voté vendredi à la majorité la destitution du président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua. Son élection au perchoir en 2016 était considéré comme un symbole de réconciliation en Centrafrique.

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Le président de l'Assemblée nationale centrafricaine, Karim Meckassoua, a été destitué vendredi 26 octobre au soir par les députés. Selon l'AFP, 98 députés ont voté pour sa destitution, 41 contre et un député s'est abstenu, après plusieurs heures de débat.

Symbole de réconciliation

Karim Meckassoua est le député du troisième arrondissement de la capitale Bangui, qui comprend le PK5, le quartier abritant la majorité des musulmans de Bangui.

Après le déferlement de haine entre rebelles de la coalition Séléka à dominante musulmane et groupes antibalaka prétendant défendre les chrétiens à partir de 2013, son élection au perchoir en 2016 était considéré comme un symbole de réconciliation en Centrafrique, dirigée par un chrétien, Faustin-Archange Touadéra.

Mais dans ce pays où l'influence politique reste en partie communautaire, les relations entre les deux hommes n'ont jamais été bonnes. En 2017, des rumeurs de coups d'État avaient circulé, des proches de M. Touadéra n'hésitant pas à accuser publiquement M. Meckassoua.

>> À lire : en Centrafrique, une présence armée russe de plus en plus marquée

Le 23 octobre, plus de 400 personnes, dont de nombreux habitants du PK5, avaient manifesté du quartier musulman jusqu'au quartier général de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) pour protester contre la procédure de destitution du président de l'Assemblée. Celle-ci avait été lancée mi-octobre par une pétition, signée par 95 députés sur 140.

Selon le règlement de l'Assemblée, après réception de la pétition, un vote devait avoir lieu et recueillir au moins les deux tiers des voix des députés, soit 93, pour que M. Meckassoua soit destitué.

Il était accusé par ses détracteurs d'avoir "confisqué des dossiers essentiels pour les députés", selon Mathurin Dimbélet Makoé, deuxième vice-président de l'Assemblée, évoquant mi-octobre devant la presse une "opacité dans la gestion des finances" de l'Assemblée.

Selon plusieurs députés interrogés par l'AFP, la pétition et la tentative de destituer M. Meckassoua pourraient avoir été pilotées par la présidence centrafricaine, qui souhaiterait placer un de ses fidèles à la tête de l'Assemblée.

En Centrafrique, l'État ne contrôle qu'une petite partie du territoire : depuis 2013, la quasi-totalité de celui-ci vit sous la coupe de groupes armés, dans un pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde mais riche en diamants, or et uranium.

Avec AFP

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