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Colis piégés aux États-Unis : le FBI concentre son enquête sur quatre États

Une boîte aux lettres de l'United States Postal Service devant une maison, en Californie
Une boîte aux lettres de l'United States Postal Service devant une maison, en Californie Lucy Nicholson, Reuters

La police américaine enquête en toute discrétion pour remonter la piste des colis piégés envoyés à plusieurs personnalités connues pour leur opposition au président Trump. Le climat politique se tend à quelques jours des élections de mi-mandat.

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Plusieurs centaines d'enquêteurs à travers les États-Unis recherchent activement le ou les responsables de l'envoi de dix colis suspects à des personnalités politiques connues pour leur opposition à Donald Trump, mais rien n'a encore filtré sur l'identité ou les pistes privilégiées, vendredi 26 octobre. L'affaire a considérablement tendu le climat à l'approche des législatives américaines.

Trois jours après le premier engin explosif retrouvé au domicile new-yorkais du financier et donateur démocrate George Soros, personne n'a encore été arrêté. Dernières cibles en date du 25 octobre : l'acteur Robert de Niro, très critique de Trump, et l'ancien vice-président démocrate Joe Biden.

Le FBI a confirmé que tous les envois étaient semblables – des enveloppes en papier kraft doublées de papier bulle et contenant des bombes artisanales –, qu'ils aient été adressées à l'ex-président démocrate Barack Obama, à l'ex-secrétaire d'État et rivale malheureuse de Donald Trump à la présidentielle 2016, Hillary Clinton, à l'ex-ministre de la Justice d'Obama, Eric Holder, à la députée démocrate californienne Maxine Waters ou à la chaîne CNN à New York.

D'autres paquets possibles

William Sweeney, responsable du FBI à New York, a expliqué que la police avait étendu son enquête à tous les États où des paquets suspects ont été trouvés depuis lundi – New York, Delaware, Floride et Californie – en collaboration avec la poste américaine et une douzaine d'agences fédérales.

Mais il a refusé de parler de la nature des engins explosifs retrouvés, analysés dans un laboratoire du FBI à Quantico, en Virginie. Plusieurs experts ont estimé que, du fait de la fabrication rudimentaire des engins explosifs, ces colis étaient davantage destinés à faire peur qu'à tuer. Les instructions pour de tels engins explosifs sont largement disponibles sur Internet et dans la propagande diffusée par des groupes tels que l'État islamique et Al-Qaïda, explique-t-on au sein de la police. Aucune revendication n'a cependant été formulée.

William Sweeney a également refusé de confirmer des informations de presse selon lesquelles certains paquets auraient été envoyés de Floride. Selon Reuters, des agents du FBI menaient jeudi soir des fouilles dans un centre postal situé près de Miami afin de déterminer l'identité du ou des expéditeurs des dix colis piégés. Les enquêteurs auraient également déterminé que les concepteurs des engins explosifs avaient trouvé leur inspiration sur Internet.

Reuters avait également fait savoir que de nombreux colis avaient comme adresse de retour le bureau de la Représentante américaine Debbie Wasserman Schultz, en Floride. Cette parlementaire présidait auparavant le Comité national démocrate. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, a confirmé jeudi soir dans un entretien à la chaîne Fox News qu'au moins une partie des colis ont été postés en Floride.

La police de Miami-Dade a tweeté avoir envoyé une équipe de déminage pour aider des employés d'un centre de tri postal participant à l'enquête, "par précaution", sans autre détail.

"Il reste possible que d'autres paquets aient été envoyés", a ajouté William Sweeney, responsable du FBI à New York.

Si les colis suspects se ressemblent tous – de petits paquets jaunes portant comme adresse d'expédition celle d'une élue démocrate de Floride –, certains ont été envoyés par courrier alors que d'autres ont été livrés par coursier ou en mains propres, selon plusieurs responsables.

Le chef de la police new-yorkaise s'est dit "certain" que les auteurs seraient identifiés et arrêtés. Mais, comme son collègue du FBI, il a refusé de divulguer toute information pouvant nuire à l'enquête.

Trump accuse les médias

Dans la psychose ambiante, le bâtiment Time Warner, qui abrite CNN à Manhattan et qui avait été entièrement évacué mercredi, a de nouveau été partiellement évacué jeudi soir, à la suite du signalement de deux colis suspects. L'alerte a été levée peu après, sans qu'aucun engin suspect n'ait été trouvé.

En attendant d'identifier les coupables, la sécurité de nombreux médias et personnalités a été renforcée, a précisé le maire démocrate de New York, Bill de Blasio. "On ne sait pas s'il s'agit d'une ou de plusieurs personnes, étrangères ou américaines. Et on ne sait pas s'ils sont ici [à New York] ou ailleurs dans le pays", a-t-il ajouté.

À défaut de coupable(s), partisans et détracteurs du président républicain s'accusaient mutuellement d'alimenter le climat toxique qui caractérise le pays à l'approche des élections législatives du 6 novembre, déterminantes pour la suite de la présidence Trump.

Lire >> Les enjeux des élections de mi-mandat

Après avoir appelé les Américains au "rassemblement" mercredi à la suite de la confirmation des premières bombes artisanales, le président Trump a repris ses attaques contre les médias jeudi. "Une grande partie de la colère que nous voyons aujourd'hui dans notre société est causée par le traitement intentionnellement inexact et imprécis des médias traditionnels, que j'appelle les Fake News", a-t-il affirmé sur Twitter. "C'est devenu si mauvais et hargneux que c'est au-delà de toute description", a-t-il ajouté. "Les médias traditionnels doivent mettre de l'ordre dans leurs affaires, VITE!"

De nombreux responsables démocrates l'accusent au contraire de "cautionner la violence" et d'attiser les divisions. "Arrêtez de faire des reproches aux autres. Regardez-vous dans la glace, votre rhétorique incendiaire, vos insultes, mensonges et incitations à la violence physique sont honteuses", a tweeté jeudi John Brennan, ex-directeur de la CIA, virulent détracteur du président et spécifiquement visé par le paquet déposé mercredi dans les bureaux de CNN à New York.

Avec AFP

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