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Reporters

Au Chili, la longue lutte des Mapuche pour leurs terres

France 24

Dans le sud du Chili, le conflit historique qui oppose les indigènes Mapuche aux forces de l'ordre se radicalise : incendies, menaces et confrontations armées se sont multipliés ces derniers mois. À tel point que les autorités n’hésitent pas à parler de "terrorisme" dans la région, et font usage de la force pour mater la rébellion. Des pratiques largement condamnées par l’ONU et les défenseurs des droits de l’Homme.

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Les reporters de France 24 se sont rendus à Temuco, dans le sud du Chili, bastion historique de la lutte des Mapuche, un peuple indigène qui représente 10 % de la population chilienne. Depuis l’arrivée des colons espagnols au XVIe siècle, les Mapuche ont perdu 95 % de leur territoire dit ancestral, aujourd’hui principalement aux mains de grands groupes qui exploitent les ressources forestières et hydrauliques.

Peu convaincus par les maigres concessions territoriales de l'État chilien dans les années 1990, certains groupes d’activistes indigènes se sont radicalisés, allant jusqu'à réclamer l'autonomie. Ils ont pris pour cible les entreprises installées sur des territoires revendiqués par leur communauté. À force de sabotages de machines et d’incendies volontaires, ces groupes masqués ont instauré un climat de peur dans la région.

L'occupation territoriale, principale arme de résistance

Nos journalistes sont allés à la rencontre des activistes autonomistes radicalisés, qui, malgré leur grande médiatisation, ne représentent qu’une petite minorité de la population mapuche. Extrêmement méfiants, ils refusent catégoriquement tout entretien devant des caméras. Nous avons tout de même obtenu un accès rare à Héctor Llaitul, leader de la principale organisation autonomiste, la CAM.

Hormis ces groupes de résistance radicalisés, la majorité des communautés mapuche vivent de façon pacifique - bien qu'illégale - sur des terres privées appartenant à des entreprises forestières ou hydrauliques. Plus que les sabotages et les incendies, l’occupation territoriale est devenue l’arme principale de la lutte mapuche. Ces communautés espèrent gagner leur combat contre les propriétaires terriens par l’usure, au risque d’être délogées par les autorités.

Dialogue de sourds

Mais pour faire face aux revendications des Mapuche, l'État chilien a mis en place une répression systématisée. Aujourd’hui, la région est fortement militarisée. Des voitures blindées, parfois accompagnés de chars ou d’hélicoptères, patrouillent quotidiennement sur les chemins d’accès aux communautés. Les Mapuche sont régulièrement confrontés à la justice, qui leur oppose la loi antiterroriste, héritée de la dictature de Pinochet.

Durant ce tournage, nos reporters ont parfois eu l’impression d’être face à un dialogue de sourds. La lutte ne cesse de s’enflammer, pourtant ni les activistes autonomistes mapuche, ni les autorités chiliennes ne se montrent ouvertes à la négociation. À l’heure actuelle, aucune brèche en faveur de la paix ne semble se dessiner.

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