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Brésil : Jair Bolsonaro et les médias, une relation plus que tendue

Jair Bolsonaro lors d'une conférence de presse à Rio le 17 octobre 2018.
Jair Bolsonaro lors d'une conférence de presse à Rio le 17 octobre 2018. Carl de Souza, AFP

Diatribes contre les journaux, intimidations... Le vainqueur de la présidentielle brésilienne entretient une relation tendue avec les médias. C’est par le biais des réseaux sociaux que ce chantre de la dictature militaire a conquis son électorat.

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Tout au long de sa campagne, Jair Bolsonaro n'a eu de cesse de critiquer et d'intimider la presse, préférant s'exprimer sur les réseaux sociaux, où il fait fureur, à l'image de Donald Trump.

Mais l'attitude de celui qui vient d’être élu président du Brésil est potentiellement encore plus inquiétante quand on sait qu’il est un chantre de la dictature militaire. Celle-là même qui a muselé les médias et plus généralement les citoyens pendant les années de plomb (1964-1985) au Brésil.

>> À lire : Brésil : torture, homosexuels, Noirs… Jair Bolsonaro dans le texte

Même si l’ancien militaire promet d'être "esclave de la Constitution" et de respecter les valeurs démocratiques, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, tire la sonnette d'alarme.

"Les électeurs brésiliens ne doivent pas être dupés par les discours de façade, derrière lesquels se cache une réelle violence qui n'épargnera pas le journalisme. Jair Bolsonaro est une sérieuse menace pour la liberté de la presse et la démocratie", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"Nous sommes pour la liberté de la presse, mais avec responsabilité", a de son côté déclaré dimanche 21 octobre l’élu d'extrême droite, lors d'un discours incendiaire au cours duquel il a promis de "purger" le pays des "marginaux rouges".

Il s'est également lancé dans une diatribe contre le quotidien de référence Folha de S. Paulo, qui avait révélé quelques jours plus tôt que des entreprises avaient financé l'envoi de masse de messages sur WhatsApp dénigrant son adversaire de gauche Fernando Haddad.

"Folha est le plus grand producteur de fausses informations du Brésil. Ils n'auront plus droit à la manne publicitaire du gouvernement", a-t-il lancé.

"Harcèlement, menaces et parfois même violence physique"

Ces propos interpellent au cœur d'une campagne particulièrement délétère et marquée par une vague d'agressions contre des homosexuels, des militants anti-Bolsonaro, mais aussi de nombreux journalistes.

"Pour certains militants, ce discours se transforme en actions : harcèlement, menaces et parfois même violence physique", déplore Marina Iemini, directrice de l'Association brésilienne de journalisme d'investigation (Abraji).

Cette association a recensé au moins 141 épisodes de violence contre des journalistes durant la campagne, la plupart "attribués à des partisans de Bolsonaro".

"Jair Bolsonaro a montré à maintes reprises qu'il ne comprenait pas le rôle de la presse. Il évite le contact direct avec les journalistes et répond souvent aux questions de façon agressive", explique à l'AFP Paula Cesarino, médiatrice de Folha de S. Paulo.

"Stimuler la violence"

Comme Donald Trump, auquel il voue une "grande admiration", Jair Bolsonaro, fort de près de 8 millions d'abonnés sur Facebook, s'exprime essentiellement sur les réseaux sociaux, et qualifie régulièrement les grands groupes de médias d'usines à fausses informations.

"Nous espérons que Bolsonaro, s'il est élu, ne va pas continuer à dresser la population contre la presse. C'est très mauvais pour la démocratie et cela peut encourager la violence", affirmait Ricardo Pedreira, directeur de l'Association nationale des journalistes (ANP) du Brésil, avant la victoire de l'ancien militaire.

Avec AFP

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