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Soudan du Sud : le chef rebelle Riek Machar revient à Juba, une première depuis 2016

Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar (au centre) est arrivé mercredi 31 octobre à Juba, la capitale sud-soudanaise.
Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar (au centre) est arrivé mercredi 31 octobre à Juba, la capitale sud-soudanaise. Akuot Chol, AFP

Le chef rebelle Riek Machar est arrivé mercredi dans la capitale sud-soudanaise pour redevenir vice-président du pays. Un accord de paix a été signé le 12 septembre dernier pour mettre fin à cinq années de guerre civile.

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C’est une première étape concrète du processus de réconciliation au Soudan du Sud. Ce mercredi 31 octobre, le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar a participé à Juba à une cérémonie célébrant la signature d'un nouvel accord de paix au Soudan du Sud. Il n’était pas revenu dans la capitale depuis plus deux ans après des combats meurtriers entre ses hommes et les forces gouvernementales.

Selon ce second accord de paix depuis 2013, Riek Machar doit retrouver son ancien poste de vice-président. Le texte a été signé le 12 septembre dernier avec Salva Kiir, le président actuel du pays et grand rival de Riek Machar. L’accord, obtenu sous pression internationale, est censé mettre fin à presque cinq années d'une guerre civile dévastatrice pour le plus jeune pays du monde.

Tourner la page d’une guerre civile meurtrière

Deux ans et demi à peine après son indépendance, le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 à Juba, lorsque Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, son ancien vice-président, de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État. Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique, a fait plus de 380 000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-soudanais, soit près d'un tiers de la population, à fuir leur foyer.

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Pour marquer l’entrée en vigueur de cet accord, une cérémonie pour la paix a été organisée mercredi en présence des chefs d'État de la région. Ainsi, le chef de l'État soudanais Omar el-Béchir, la présidente éthiopienne nouvellement nommée Sahle-Work Zewde et son homologue somalien Mohamed Abdullahi Mohamed ont gagné Juba mercredi matin. Le président ougandais Yoweri Museveni y était également présent

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La cérémonie s’est déroulée au Mausolée John Garang, héros de la guerre d'indépendance contre le Soudan, en présence de plusieurs milliers de spectateurs.

"Nous n'avons qu'un message: nous sommes pour la paix", a déclaré Riek Machar. Le président Kiir, reprenant lui aussi des promesses maintes fois tenues mais jamais suivies d'effets, a également fait l'éloge de la paix.

"Le temps des reproches pour savoir qui a commencé (la guerre) est fini. Tous ceux d'entre nous qui se considèrent comme des leaders doivent accepter la responsabilité collective et promettre solennellement à notre peuple de ne plus jamais recourir à la guerre", a-t-il déclaré.

La présence de Riek Machar à Juba est la preuve que "la guerre prend fin et qu'une nouvelle ère de paix et de prospérité s'ouvre", a-t-il affirmé.

En guise de bonne volonté, le chef de l'Etat a également annoncé la libération dès mercredi de l'ancien porte-parole de la rébellion, James Gatdet Dak, et jeudi de William John Endley, un ancien colonel sud-africain à la retraite et ex-conseiller de M. Machar. Ce dernier doit être expulsé dans la foulée en Afrique du Sud.

Les deux hommes avaient été condamnés à mort en janvier par un tribunal de Juba.

Un futur incertain

On ignore toutefois si Riek Machar va rester à Juba au-delà de la cérémonie. L’un des porte-parole du chef rebelle, Lam Paul Gabriel, a indiqué mardi que Riek Machar craignait pour sa sécurité. "Mais la vérité est là : nous sommes pour la paix et ce que nous essayons de faire, c'est de bâtir la confiance", avait-il ajouté, précisant que Riek Machar voyagerait avec une trentaine d'hommes politiques du SPLM-IO et sans soldats.

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Ce nouvel accord de paix laisse sceptiques de nombreux observateurs, qui soulignent que faire travailler ensemble les deux rivaux ne sera pas une mince affaire, leur coopération ayant toujours dans le passé abouti au chaos et au conflit.

De fait, l'application du nouvel accord connaît des retards sur des points importants comme la réactivation d'une commission conjointe sur les frontières et le nombre des États régionaux, - un des points de contentieux entre pouvoir et opposition - et celle pour l'évaluation de la mise en œuvre de l'accord de paix.

Des combats ont également été rapportés dans la région de Yei (sud) et dans l'État pétrolier du Upper Nile (Haut Nil), alors que les belligérants ont décrété un cessez-le feu fin juin.

Avec AFP

 

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