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Au Yémen, la coalition saoudienne masse des troupes près d'Hodeïda

Des troupes yéménites pro-gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite se déploient sur Hodeïda, le 21 juin 2018.
Des troupes yéménites pro-gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite se déploient sur Hodeïda, le 21 juin 2018. Saleh Al-Obeidi, AFP

Alors que les États-Unis, soutenus par Londres et les Nations unies, ont appelé cette semaine à un cessez-le-feu au Yémen et à la reprise des pourparlers de paix, la coalition saoudienne se prépare à mener une offensive sur Hodeïda.

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La coalition menée par l'Arabie saoudite a placé des milliers de soldats près d'Hodeïda, le principal port du Yémen contrôlé par les Houthis, a-t-on appris, mercredi 31 octobre, auprès de sources militaires locales, une démarche destinée à pousser les rebelles chiites à reprendre les discussions en faveur d'un cessez-le-feu.

Hodeïda, située sur la mer Rouge, est une ligne de ravitaillement essentielle pour les Houthis mais aussi pour des millions de civils yéménites victimes de la guerre.

Des sources proches de la coalition ont déclaré à Reuters qu'environ 30 000 soldats avaient été déployés au sud du port d'Hodeïda et près de son entrée est. Des véhicules blindés et des chars d'assaut ont aussi été déployés en vue d'une "grande opération dans les prochains jours", a précisé une source.

Selon des habitants, les Houthis ont aussi déployé des combattants à Hodeïda afin de se préparer à un assaut.

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Prendre le contrôle du port d'Hodeïda, et couper ainsi cette ligne de ravitaillement essentielle aux Houthis, forcerait les rebelles chiites à venir à la table des négociations, estiment les responsables de la coalition, qui mènent cette action alors que les États-Unis ont appelé mardi à un cessez-le-feu et à la reprise du processus de paix.

Le département d'État américain a amplifié cet appel mercredi, réclamant la cessation "immédiate" des hostilités au Yémen. Selon le porte-parole adjoint de la diplomatie américaine, Robert Palladino, tout est réuni pour faire avancer les discussions sur un processus de paix susceptible d'aboutir à la fin du conflit.

L’initiative américaine soutenue par Londres et l’ONU

Washington demande parallèlement aux rebelles houthis, soutenus par l'Iran, de ne plus lancer de missiles contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Cette initiative est soutenue par le Royaume-Uni et par l’ONU. "Un cessez-le-feu à l'échelle du pays n'aura d'effet sur le terrain que s'il s'appuie sur un accord politique entre les parties au conflit", a déclaré mercredi la Première ministre britannique Theresa May.

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"J'exhorte toutes les parties concernées à saisir l'occasion pour participer d'une manière constructive à nos efforts actuels en vue de relancer rapidement les consultations politiques et convenir d'un cadre pour des négociations politiques", a déclaré de son côté l’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, dans un communiqué. "Nous restons engagés à faire venir les parties yéménites à la table des négociations d'ici un mois", a-t-il ajouté, alors qu'il avait tenté sans succès en septembre d'organiser des pourparlers de paix à Genève.

Ces déclarations interviennent alors que la question des ventes d'armes à l'Arabie saoudite a rebondi avec le meurtre du journaliste et dissident saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre dernier dans l'enceinte du consulat saoudien à Istanbul, en Turquie.

En trois ans et demi, la guerre au Yémen a fait plus de 10 000 morts, déplacé plus de trois millions de personnes et plongé le pays dans une grave crise humanitaire.

Avec AFP et Reuters

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