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FRANCE

Le rêve de la Kanaky n’est pas mort en Nouvelle-Calédonie

© Théo Rouby, AFP | Un homme porte un drapeau indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie le 30 octobre 2018.

Texte par Hermann BOKO

Dernière modification : 05/11/2018

Bien plus serré que ce que prédisaient les sondages, le résultat du référendum en Nouvelle-Calédonie conforte les indépendantistes qui croient à une victoire du “oui” d'ici 2020.

Un air de déception prévalait dimanche 4 novembre au soir à Nouméa après l’annonce des résultats définitifs du référendum d’autodétermination historique de la Nouvelle-Calédonie. Pas de liesse populaire, pas de défilé bleu-blanc-rouge. Les rues étaient désertes, ainsi que le quartier des plages, lieu habituel des rassemblements populaires calédoniens.

>> À lire : Le "non" de la prudence

Comme si la victoire du ‘’non’’ à l’indépendance n’était qu’un moratoire de plus, avant un prochain référendum prévu dans deux ans. Si le choix de rester en France l’a finalement emporté avec 56,4 % des voix, le vœu de rompre avec la Métropole s’est exprimé avec force, contrairement à ce que prédisaient les derniers sondages qui tablaient sur une large victoire des votes loyalistes (entre 63 et 75 %).

Comme le prévoient les accords de Nouméa de 1998, un deuxième référendum doit-être organisé si le tiers des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, qui doit être renouvelé en mai 2019, le souhaite. Avec la possibilité d’un troisième référendum, si le ‘‘non’’ à l’indépendance l’emportait à nouveau. “Les indépendantistes sont encore plus motivés qu'avant pour demander le deuxième et troisième référendum. Dès demain, on va préparer la mariée pour qu'elle soit encore plus belle en 2020”, a ajouté Louis Mapou, membre influent de l’aile Uni du parti indépendantiste FLNKS.

De fait, l’ambiance était à la fête chez les perdants. Au siège de l'Union Calédonienne, un des deux poids lourds du FLNKS, des militants ont exprimé leur joie en dansant et en agitant des drapeaux kanaks, aux cris de "Kanaky". Le nom qu’adoptera l’archipel si elle devient indépendante. Les manifestants ont ensuite défilé en cortège d'une vingtaine de voitures, à grand renfort de klaxons dans Nouméa, s'arrêtant même par moment pour danser. "Ce sont ceux qui ont perdu qui font la fête", a même ironisé Philippe Gomès, leader anti-indépendantiste.

Appel au dialogue

Maintenant s'ouvre une deuxième période (...), nous sommes persuadés au vu de ces résultats que le projet du FLNKS est bien une alternative", a souligné Roch Wamytan, chef du groupe UC-FLNKS et nationalistes au Congrès. "Nous ne sommes pas au crépuscule de notre revendication, au contraire".

Le rapport de force a donc changé, même si l’Élysée s’est satisfait du choix de la Nouvelle-Calédonie de rester française. Juste après l’annonce des résultats, Emmanuel Macron, dans une allocution télévisée, s’est dit fier de l’issue du scrutin. Le choix de la France, “c’est pour nous une marque de confiance dans la République française, dans son avenir et dans ses valeurs” a-t-il déclaré. Mais conscient de l’écart très serré du vote, le chef de l’État a vite appelé au dialogue. “Il n’y a pas d’autre chemin que celui du dialogue. Le gouvernement proposera aux forces politiques de la Nouvelle-Calédonie de se réunir dans les prochaines semaines.”

Selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, il est "clair qu'on ne discute pas de la même manière quand on fait 43 % plutôt que 30 %". "Cela va forcer les non-indépendantistes à revoir leur copie", ajoute l'expert. Très divisés, les trois partis loyalistes avaient mis en avant la protection qu'apporte la France et son 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles, espérant qu'une large victoire éloigne la perspective de nouveaux référendums.

Mais pour Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains au Congrès, ces prochains scrutins vont apporter "quatre ans d'instabilité" pour la Nouvelle-Calédonie. Elle a lancé un appel à l'union des loyalistes "pour en finir avec les errements de ces dernières années, qui ont conduit à ce que les indépendantistes ne reculent pas". Plus dur, Pierre Froger, sénateur et président du Rassemblement Les Républicains, pense que le référendum "n'a rien résolu, sauf que la Calédonie est maintenant ancrée dans la France. Il n'y a plus de négociations, plus de concessions, chacun doit prendre ses responsabilités." Le sénateur fait partie de ces loyalistes qui ont exprimé le vœu d'éviter les prochains référendums prévus dans l'accord de Nouméa en cas de "non massif" et de déposer une proposition de loi en ce sens. Il n'y a pas renoncé malgré le faible écart.

La jeunesse divisée

Lundi 5 novembre, le Premier ministre, Edouard Philippe, s’est déplacé sur l’archipel accompagné de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. Il s’est entretenu avec chacun des groupes siégeant au Congrès de la Nouvelle-Calédonie et s’est ensuite rendu dans la province nord pour échanger avec deux figures du FLNKS, Paul Néaoutyine, président de la collectivité, et Daniel Goa, président de l'Union Calédonienne. En décembre, une première rencontre aura lieu à Paris pour "tirer collectivement les premières conclusions" du référendum.

La question de l’autodétermination du peuple calédonien divise jusqu’au sein des jeunes qui  n’ont pas connu les violences des années 1980 ayant abouti aux premiers accords de Paris en 1988. Certains d’entre eux ont voté pour la première fois. Comme Margaux, 22 ans, étudiante en droit d'origine européenne, qui affirme que même si elle a des amis kanaks, “il n'y aura jamais de peuple calédonien". Alors qu’Ornella, Kanak de 25 ans, est persuadéee que "le pays est prêt pour la pleine souveraineté" et que l'indépendance sera votée lors du prochain référendum.

Avec AFP

Première publication : 05/11/2018

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