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Jugé en Russie, le metteur en scène Kirill Serebrennikov clame son innocence

À l'ouverture de son procès mercredi à Moscou, Kirill Serebrennikov a qualifié d'"absurdes" les accusations qui pèsent contre lui.
À l'ouverture de son procès mercredi à Moscou, Kirill Serebrennikov a qualifié d'"absurdes" les accusations qui pèsent contre lui. Sergei Karpukhin, Reuters

Le procès du metteur en scène russe Kirill Serebrennikov s'est ouvert mercredi. Assigné à résidence depuis plus d'un an, il est jugé pour des accusations de détournement de fonds qu'il juge "absurdes".

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"Je n'ai jamais rien volé." Ce sont les mots de Kirill Serebrennikov prononcés à l'ouverture de son procès à Moscou, mercredi 7 novembre. L'homme de cinéma et de théatre est accusé de détournements de fonds, une affaire qui lui vaut d'être assigné à résidence depuis plus d'un an.

Les poursuites dont il fait l'objet sont dénoncées dans le monde de la culture comme une nouvelle attaque des milieux conservateurs russes contre la création artistique.

Vêtu de noir avec des baskets violettes, le metteur en scène russe, dont les œuvres abordant la religion ou la sexualité ont été critiquées par les autorités ou des représentants religieux, était accompagné de nombreuses personnalités. "Tout ce que je peux dire, est que je ne comprends rien. Je ne reconnais pas ma culpabilité. Je n'ai jamais rien volé", a déclaré Kirill Serebrennikov, qualifiant une nouvelle fois les accusations d'"absurdes".

Montée en puissance des valeurs conservatrices en Russie

Kirill Serebrennikov est accusé d'avoir détourné environ 130 millions de roubles (1,7 million d'euros) de subventions publiques destinées à son théâtre moscovite grâce à un système de devis et factures gonflés entre 2011 et 2014. Le procureur lui a reproché mercredi d'avoir "coordonné un groupe criminel" à des fins d'enrichissement personnel. Le metteur en scène affirme pour sa part n'avoir été responsable que des "processus artistiques et de la formation des programmes" de son projet sans se préoccuper directement de la gestion des fonds alloués par le ministère de la Culture.

Kirill Serebrennikov avait été arrêté dans la nuit du 21 au 22 août 2017 et assigné à résidence alors qu'il se trouvait en plein tournage d'un film à Saint-Pétersbourg. Quatre mois plus tard, la justice russe ordonnait la saisie des biens et actifs du metteur en scène. Plusieurs de ses collaborateurs sont également poursuivis dans cette affaire.

Kirill Serebrennikov avait été nommé en 2012 à la tête du Centre Gogol, qu'il a transformé en un des centres névralgiques de la culture contemporaine à Moscou. Il y a notamment monté "Les Âmes mortes", d'après le roman de Nicolas Gogol, acclamé en 2016 au festival d'Avignon, dans le sud de la France.

Pour ses partisans, Kirill Serebrennikov paie la montée en puissance des valeurs conservatrices en Russie, où les artistes sont confrontés à une pression croissante.

Avec AFP

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