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Amériques

Donald Trump veut durcir les conditions d'entrée pour les demandeurs d'asile

© Alfredo Estrella, AFP | Des migrants honduriens se rendent aux États-Unis en passant par le Mexique, le 8 novembre 2018.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/11/2018

Nouvelle restriction pour les migrants aux États-Unis : ceux entrés illégalement sur le territoire ne pourront plus déposer de demande d'asile. Comme pour le décret migratoire, cette décision risque de déclencher une bataille judiciaire.

Il n'y aura désormais qu'une seule voie officielle pour les migrants désireux de déposer une demande d'asile : aux points d'entrée installés à la frontière avec le Mexique. Avec cette nouvelle règle, annoncée jeudi 8 novembre par le ministère américain de la Sécurité intérieure, Donad Trump espère ainsi soulager un système déjà surchargé, quelque 700 000 cas étant actuellement en attente dans les tribunaux.

"Notre système d'asile croule sous un trop grand nombre de demandes d'asile injustifiées, ce qui pèse de façon démesurée sur nos moyens, nous empêchant de pouvoir accorder rapidement l'asile à ceux qui le méritent vraiment", a déclaré jeudi le ministère de la Sécurité intérieure alors que des "caravanes" de migrants se dirigent actuellement vers les États-Unis.

Hausse de 2 000 % des demandes

Durant les cinq dernières années, le nombre de personnes ayant déposé une demande d'asile a augmenté de 2 000 %, selon le département de la Sécurité intérieure, précisant que moins de 10 % d'entre elles étaient finalement acceptées. "Conformément à nos lois sur l'immigration, le président a toute autorité pour suspendre ou restreindre l'entrée d'étrangers aux États-Unis s'il considère qu'il en relève de l'intérêt national", affirme le communiqué.

Donald Trump entend ainsi faire usage des mêmes pouvoirs exécutifs que ceux dont il avait argué lorsqu'il avait pris, au tout début de son mandat en janvier 2017, un décret migratoire extrêmement contesté qui interdisait l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane.

Dans sa dernière version, validée le 26 juin par la Cour suprême après de nombreuses péripéties judiciaires, ce décret ferme les frontières américaines aux citoyens du Yémen, de Syrie, de Libye, d'Iran, de Somalie, mais aussi de Corée du Nord et dans certains cas du Venezuela.

"Illégal"

Cette décision risque de déclencher une bataille judiciaire. La puissante organisation de défense des libertés civiques ACLU a immédiatement réagi à l'annonce de l'exécutif. "La loi américaine autorise spécifiquement les individus à demander l'asile, qu'ils soient arrivés ou non à travers un point d'entrée", a déclaré dans un communiqué Omar Jadwat, responsable de l'ACLU. "Il est illégal de contourner ce principe", a-t-il estimé.

Le groupe de défense des migrants New York Immigration Coalition a de son côté déjà fait part de sa volonté de "combattre" la nouvelle règle, estimant que "le gouvernement ne peut pas abandonner sa responsabilité envers les migrants fuyant le danger".

Donald Trump avait fait de l'immigration son principal thème de campagne avant les élections de mi-mandat, dénonçant régulièrement une "invasion". Dans ses discours comme sur le réseau social Twitter, il avait multiplié les déclarations alarmistes sur l'avancée de milliers de migrants centraméricains, fuyant les violences et la misère, et se déplaçant à pied en groupe dans l'espoir de déposer une demande d'asile aux États-Unis.

Entre dimanche et mercredi, 5 500 d'entre eux sont arrivés dans la capitale du Mexique, avec l'intention de poursuivre leur route vers le nord.

De son côté, le président américain a annoncé vouloir envoyer jusqu'à 15 000 militaires à la frontière sud du pays. Selon des chiffres officiels, plus de 400 000 personnes franchissent chaque année illégalement la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Avec AFP

Première publication : 09/11/2018

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