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Asie - pacifique

Philippines : la veuve du dictateur Ferdinand Marcos lourdement condamnée pour corruption

© Noel Celis, AFP | Imelda Marcos assistant au troisième discours sur l'état de la Nation, le 23 juillet 2018.

Texte par FRANCE 24 , 2018-11-09 10:22 FR NW PKG PORTRAIT IMELDA MARCOS 10H [nid:5327330]

Dernière modification : 09/11/2018

Imelda Marcos, l'ancienne première dame des Philippines, femme du dictateur Ferdinand Marcos a été condamnée à une importante peine de prison. Àgée de 89 ans, il est cependant peu probable qu'elle purge sa peine.

Imelda Marcos, surnommée le "papillon d’acier", veuve du président dictateur Ferdinand Marcos a été condamnée vendredi 9 novembre à une lourde peine de prison pour corruption.

Le tribunal anti-corruption des Philippines (Sandiganbayan) l'a condamnée à des peines allant de six à onze ans de prison pour chacun des sept chefs d'inculpations retenus contre elle, dont sept virements d'un montant total de 200 millions de dollars à des fondations suisses à l'époque où elle était gouverneure de la capitale, Manille.

Ferdinand Marcos et son entourage sont soupçonnés par les autorités des Philippines d'avoir détourné 10 milliards de dollars des caisses de l'État. L'organisation Transparency International l’avait classé en 2004 comme le deuxième dirigeant le plus corrompu de tous les temps (derrière Mohamed Suarto).

Élu président en 1965, puis réélu en 1969, Marcos a décrété la loi martiale en 1972, gouvernant d'une main de fer l'archipel jusqu'à la révolution du "people power" en 1986 qui l'a contraint à fuir aux États-Unis avec sa famille.

Outre les accusations de corruption, le règne de l'ancien homme fort des Philippines a été marqué par de graves violations des droits de l'homme et des accusations de corruption.

Si l'ancien dictateur est mort en exil, les membres de sa famille sont rentrés dans l'archipel où ils ont opéré un remarquable comeback politique.

>> À voir sur France 24 : "FOCUS - 'Philippines : l'incroyable retour du clan Marcos, symbole des années noires de la dictature' "

Dépenses extravagantes

"La Marie-Antoinette des Tropiques" est la cible de dizaines d'enquêtes pour corruption, ce qui ne l'a pas empêchée d'être élue au Parlement pour trois mandats consécutifs. Ellle est actuellement membre du Congrès philippin.

Imelda Marcos a fait régulièrement la une des journaux pour ses dépenses extravagantes. Elle s’est fait connaître lorsque les rebelles qui ont repris en 1986 le palais présidentiel de Malacalang, à Manille, ont découvert que son dressing contenait 3 000 paires de chaussures de luxe.

En janvier 2017, elle a définitivement perdu son combat judiciaire pour récupérer des bijoux confisqués à la chute de son époux. La collection complète, évaluée à 21 millions de dollars, est conservée à la Banque centrale.

Dans son jugement, le tribunal anticorruption explique que la loi interdisait à Imelda Marcos de détenir des intérêts financiers dans les fondations suisses.

"Le couple a ouvert tous ces comptes en Suisse et s'est servi de pseudonymes pour cacher son identité. Le président choisit celui de William Saunders et Imelda Marcos a utilisé le nom de Jane Ryan", a déclaré à la presse le procureur spécial Ryan Quilala.

>> À lire : "Les Philippines se retirent de la CPI après une enquête sur sa politique antidrogue"

Les opposants des Marcos se sont réjouis d'une décision de justice rendue près de trente ans après les poursuites initiales en 1991.

"Cela illustre la lenteur du système judiciaire philippin et les frustrations qu'il suscite", a déclaré Francis Pangilinan, parlementaire de l'opposition. "Nous espérons que nos tribunaux iront jusqu'au bout de l'affaire […] et qu'il n'y aura pas de traitement spécial pour Mme Marcos".

Il est toutefois peu probable qu’Imelda Marcos, âgée de 89 ans, passe beaucoup de temps derrière les barreaux, car elle a la possibilité de faire appel et de rester en liberté sous caution, tant que la condamnation n'est pas définitive. Elle disposera également d'un éventuel recours devant la Cour suprême.

Avec AFP

Première publication : 09/11/2018

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