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À Palerme, une nouvelle tentative pour sortir la Libye du conflit

Les forces armées loyales à Fayez al-Sarraj combattent, le 22 septembre 2018, à Tripoli.
Les forces armées loyales à Fayez al-Sarraj combattent, le 22 septembre 2018, à Tripoli. Hani Amara, Reuters

Une conférence pour relancer le processus politique en Libye se tient dès lundi à Palerme. L'homme fort de l'Est du pays, le maréchal Haftar, dont la présence a un temps été menacée, est "en route" vers Palerme, selon une source italienne.

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Une conférence internationale sur l'avenir de la Libye, en proie au chaos depuis 2011, s'ouvre à Palerme, en Italie, lundi 12 novembre. Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, dont la présence a un temps été menacée, est "en route" vers Palerme, selon un responsable italien, sous couvert d'anonymat. Aucune confirmation officielle n'a toutefois pu être obtenue à Palerme ou à Benghazi, fief du maréchal dans l'est du pays.

"Les participants ne doivent pas manquer l'occasion de mettre fin à ce conflit que la population ne mérite pas et dont les enjeux sécuritaires sont très élevés pour la Libye et pour tous ses voisins de la Méditerranée", souligne Ghassan Salamé, envoyé spécial de l'ONU pour la libye.

Énième tentative pour lancer un processus électoral et politique censé sortir le pays de l'ornière, cette conférence suit celle de Paris en mai 2018 qui avait abouti à un accord sur une date, le 10 décembre, en vue de tenir des élections nationales.

Les Nations unies, chargés de trouver une solution en vue de stabiliser la Libye, minée par les divisions et les luttes de pouvoir depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, ont toutefois annoncé jeudi que le processus électoral a été retardé et devrait finalement démarrer au printemps 2019.

>> À lire sur France 24 : "L'Italie fait porter le chapeau du chaos libyen à la France"

Un haut responsable de l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal, a affirmé à l'AFP que le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte s'était rendu dimanche à Benghazi dans l'est de la Libye pour y rencontrer Khalifa Haftar.

Sarraj demande à Rome et Paris d’"unifier" leurs positions

Comme lors du sommet de Paris en mai 2018, Khalifa Haftar a été invité autour de la même table avec le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Sarraj, le président du Parlement, Aguila Salah, et celui du Conseil d'État, équivalent d'une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri. Rome a aussi invité des dignitaires et représentants tribaux et de la société civile.

La conférence de Palerme, minée par les tensions entre factions libyennes, l'est aussi par les divisions entre les différents pays qui s'intéressent de près à la Libye.

Dans une interview à l'AFP jeudi, Fayez al-Sarraj a ainsi souhaité que la conférence débouche sur "une vision commune vis-à-vis du dossier libyen", soulignant "la nécessité d'unifier les positions [de Paris et Rome]".

L'Italie est surtout très préoccupée par le problème des migrants dont des dizaines de milliers cherchent chaque année à joindre ses côtes à partir de la Libye où les passeurs, profitant du chaos, sont très actifs.

Le calendrier français jugé précipité

Or, après la rencontre de Paris, Rome avait reproché à Paris de vouloir faire cavalier seul sur la Libye. La France avait fortement plaidé en mai 2018 pour la tenue d'élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.

"Nous soutenons les élections le plus tôt possible, mais des délais artificiels et un processus précipité seraient contre-productifs", a déclaré jeudi David Hale, numéro trois de la diplomatie américaine, au Middle East Institute de Washington.

Un avis partagé par l'envoyé spécial des Nations unies, Ghassan Salame, qui a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité de l'ONU qu'une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de facto la perspective d'élections avant la fin de l'année.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est attendu à Palerme, tout comme la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Ce nouveau rendez-vous en Sicile intervient après un regain de combats dans la capitale libyenne où au moins 117 personnes ont été tuées entre fin août et fin septembre. Le retour au calme et la remise en marche de l'économie sont d'ailleurs deux des thèmes qui seront abordés lors de cette conférence, a-t-on indiqué de source diplomatique italienne.

Avec AFP

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