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Les combats s'intensifient dans des quartiers résidentiels d'Hodeïda, au Yémen

Des combattants des forces progouvernementales s'apprêtent à entrer dans Hodeïda, le 9 novembre 2018.
Des combattants des forces progouvernementales s'apprêtent à entrer dans Hodeïda, le 9 novembre 2018. AFP

Les habitants et le personnel médical d'Hodeïda craignent pour leur sécurité, à mesure que les combats entre rebelles houthis et forces progouvernementales soutenues par la coalition saoudienne avancent vers les quartiers résidentiels du port.

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De violents affrontements entre miliciens chiites houthis et forces de la coalition conduite par l'Arabie saoudite se poursuivent dans plusieurs quartiers résidentiels du port d'Hodeïda, au Yémen. Ils ont fait en 24 heures au moins 149 morts, dont 111 rebelles, 32 loyalistes et 7civils, ont indiqué lundi 12 novembre à l'AFP des sources militaires et hospitalières.

Les deux camps s'opposent avec des tirs de mortier, des mitrailleuses anti-aériennes et des armes automatiques pour obtenir le contrôle de la cité qui constitue le principal point d'entrée de l'aide alimentaire et humanitaire, dont dépendent des millions de Yéménites.

Yémen : " Le risque de famine est le plus sérieux de ce siècle"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a, lui, mis en garde contre les conséquences "catastrophiques" d'une éventuelle destruction du port d'Hodeïda, point d'entrée de plus des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et son homologue britannique, Jeremy Hunt, ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Peur et panique des habitants et du personnel médical

Sur le terrain, les troupes de la coalition ont repris leur offensive contre Hodeïda alors que les pays occidentaux, y compris les États-Unis, avaient appelé à un cessez-le-feu soutenu par les Nations unies. Les Nations unies et les organisations humanitaires ont mis en garde contre une offensive générale contre Hodeïda, ville par laquelle arrivent 80 % des aides alimentaires et médicales.

>> À lire sur France 24 : "Guerre au Yémen : Washington ne ravitaillera plus les avions de la coalition saoudienne"

Des sources médicales à l'hôpital al-Thaoura ont indiqué que plusieurs membres du service hospitalier et des patients avaient réussi à fuir les bâtiments. Elles n'ont pas précisé combien de patients se trouvaient encore sur place. Un porte-parole de l'hôpital, Khaled Attiyah, a déclaré que les médecins et les infirmières continuaient de travailler dans le service des urgences "en dépit de la panique".

"Les Houthis ont renforcé leurs positions près de l'hôpital et c'est ce qui fait peur aux gens", a dit un membre de l'équipe médicale. La semaine passée, les combattants houthis soutenus par l'Iran avaient attaqué l'hôpital du 22-Mai, dans les quartiers est de la ville, et avaient placé des hommes armés sur les toits de l'immeuble pour combattre les soldats de la coalition. Vendredi, les troupes loyalistes, soutenues militairement par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avaient repris l'hôpital du 22-Mai.

Bombardements, snipers et mines antipersonnel

Selon des habitants, la coalition antirebelles sous commandement saoudien a recours à des avions de combat et à des hélicoptères d'attaque Apache pour pilonner les positions des Houthis, qui se sont retranchés dans des rues et sur des terrasses d'immeubles, déterminés à empêcher la progression des forces loyalistes. Les rebelles ont pour leur part posé de nombreuses mines pour freiner l'avancée de leurs adversaires, ont ajouté des habitants de la ville.

Des habitants de plusieurs quartiers de la ville ont affirmé avoir vu des snipers sur des toits d'immeubles, ainsi que des tanks de rebelles tirer à l'artillerie. "Trois personnes de notre quartier ont été blessées par des éclats d'obus et hospitalisées ce week-end", a dit Marwa, s'exprimant sous un pseudonyme. "Nous sommes vraiment fatigués. On n'est pas en sécurité. Nous n'avons pas d'argent. Cette fois-ci, personne ne peut partir. Nous n'en avons pas les moyens et c'est dangereux."

>> À lire sur France 24 : "Au Yémen, les forces loyalistes avancent dans la ville portuaire de Hodeïda"

L'offensive sur Hodeïda a été lancée en juin, mais elle s'est nettement intensifiée depuis le 1er novembre. Les Houthis, qui contrôlent également la capitale Sanaa, sont appuyés par l'Iran.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l'ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine. De nombreuses organisations humanitaires se sont inquiétées ces derniers jours de l'impact des combats sur des dizaines de milliers de civils piégés dans la ville, ainsi que sur la distribution de l'aide humanitaire à partir du port.

Avec AFP et Reuters

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