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Boycott du maréchal Haftar, colère d'Ankara : les divisions plombent la conférence sur la Libye

Le Premier ministre italien Conte et l'émissaire de l'ONU en Libye Ghassan Salamé, à Palerme mardi 13 novembre 2018.
Le Premier ministre italien Conte et l'émissaire de l'ONU en Libye Ghassan Salamé, à Palerme mardi 13 novembre 2018. Filippo Monteforte, AFP

Le nouveau gouvernement italien avait à cœur de réussir cette conférence internationale sur la Libye. Mais de trop fortes divisions ont entaché cette rencontre diplomatique, qui se tenait à Palerme lundi 12 et mardi 13 novembre.

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Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, qui organisait la conférence de la paix sur la Libye à Palerme en Sicile, a tenu à minimiser l'échec de cette rencontre diplomatique : "Nous n'avons, je veux être clair, jamais eu la prétention de fournir, à travers cette conférence, la 'solution' à la crise libyenne", a-t-il déclaré mardi 13 novembre, au cours de l'unique session plénière.

Lors d'une conférence de presse à la clôture de la réunion, Giuseppe Conte a ajouté que le processus de stabilisation de la Libye, devait "être totalement laissé aux Libyens". Un avis partagé par l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé qui a noté "une convivialité beaucoup plus grande" parmi les participants libyens.

Plusieurs points de blocage viennent expliquer ce rendez-vous manqué, qui fait suite à la conférence de Paris sur la Libye en mai dernier, à commencer par le boycott du maréchal Khalifa Haftar. L'homme fort de l'est de la Libye, arrivé en Sicile lundi 12 novembre, a refusé de participer à la conférence, jugeant, selon son entourage, certains participants trop proches de la mouvance islamiste.

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Le maréchal Haftar a toutefois accepté de retrouver, en marge de la conférence, les représentants de plusieurs pays actifs dans le dossier libyen, dont l'Égypte, la Russie, l'Algérie, la Tunisie et la France. Le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Sarraj, était également présent à cette "réunion informelle" convoquée par Giuseppe Conte.

"Pas capable de s'unir"

Exclue de cette dernière, la Turquie a alors choisi de quitter la conférence, se disant "profondément déçue". "Toute réunion qui exclut la Turquie ne peut être que contre-productive pour la solution du problème", a déclaré dans un communiqué le vice-président turc Fuat Oktay, dont le pays joue pourtant un rôle clé dans la crise libyenne.

"Malheureusement, la communauté internationale n'a pas été capable de s'unir ce matin", a encore regretté Ankara. La Turquie a également déploré que certains pays, qu'elle n'a pas nommés, "continuent à prendre en otage le processus (politique en Libye) au nom de leurs propres intérêts". La Turquie entretient des rapports difficiles avec l'Égypte, l'un des principaux soutiens du maréchal Haftar.

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Giuseppe Conte a regretté le départ d'Ankara, qui n'a pas perturbé, selon lui, "l'ambiance positive" de la réunion. "Le rôle de la communauté internationale est de soutenir un règlement en Libye, sans parti pris", a dit de son côté à Palerme le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, cité au Caire par un porte-parole.

Organiser des élections

Dans le communiqué final de la conférence, les participants ont souligné notamment la nécessité de préparer le cadre constitutionnel pour la tenue d'élections - dont un référendum sur un projet de constitution -, de soutenir la conférence nationale de l'ONU et d'appuyer la formation d'une armée unifiée sous une autorité civile.

Le départ fracassant de la Turquie a en tout cas permis d'éclipser les frictions passées entre la France et l'Italie sur le dossier libyen, aujourd'hui "dépassées", selon des déclarations de Ghassan Salamé lundi au quotidien arabe Al Ahram, reproduites par les médias italiens.

Avec AFP

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