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Vive émotion après le suicide de la policière en colère Maggy Biskupski

Elle était l’une des porte-paroles du mouvement des policiers en colère. Maggy Biskupski s’est donné la mort lundi à son domicile dans les Yvelines avec son arme de service.

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Sur le mur du profil Facebook de Maggy Biskupski, les commentaires pour lui rendre hommage pleuvent depuis l’annonce de son probable suicide, lundi 12 novembre. Collègues, amis et proches viennent saluer "Maggy la guerrière", celle qui "n’oubliait pas de se battre" et "défendre la profession".

Maggy Biskupski, policière à la brigade anti-criminalité dans les Yvelines, était depuis 2016 la présidente du mouvement Policiers en colère (MPC). Elle avait fondé ce mouvement après la violente attaque au cocktail Molotov de deux véhicules de police à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre 2016. Deux policiers avaient été gravement brûlés, deux autres plus légèrement. Durant quatre mois, des policiers avec leur brassard pour certains, visage caché pour d’autres, défilaient la nuit à Paris ou en province pour dénoncer le malaise autour de la profession malgré leur devoir de réserve.

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"Une tenue de plus en plus difficile à porter"

Apparaissant régulièrement dans les médias, la policière de 36 ans était devenue le symbole de la "souffrance" des forces de l'ordre. "Cette tenue de police est de plus en plus difficile à porter", confiait-elle sur LCI au début de l’année. Elle avait d’ailleurs le sentiment qu’une cible était inscrite au dos de son blouson plutôt que police. L’association dénonçait la haine qui entourait les policiers souvent tabassés ou caillassés ainsi que le manque de moyens et de matériels dans la profession.

En décrivant ses conditions de travail dans Le Figaro, la jeune femme d'une équipe de dix policiers, en service de 20h50 à 5 heures du matin, met un coup de projecteurs sur le quotidien d’une génération de policiers en mal de reconnaissance. Chacun des coéquipiers touchent une indemnité de 98 centimes d'euro par heure de travail la nuit. "Une misère" pour la jeune femme, qui vit en colocation dans un petit pavillon du département.

Son engagement lui avait valu d'être visée par une procédure de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour "manquements" au devoir de réserve. Maggy Biskupski sera finalement levée et recevra même une prime par son administration. "Si on a préféré me récompenser plutôt que me sanctionner, cela signifie que ce que je dis sur la situation de la police aujourd'hui ne doit pas être complètement faux", s’était-elle félicité auprès du Point en octobre dernier. Même si la prime attribuée à la présidente de l’association apolitique et asyndicale ne manque pas de susciter de vives critiques du côté des organisations syndicales…

"Stupeur"

Reste que la nouvelle de son suicide a suscité une vive émotion dans le rang des syndicats. Ceux-ci ont tenu à rendre hommage à leur collègue, en refusant "toute polémique" ou "arrière-pensée", alors qu'ils avaient critiqué les policiers qui avaient manifesté fin 2016. "Sans polémique, sans jugement ni arrière-pensée, c'est avec humilité que l'ensemble d'Unité SGP police rend hommage à Maggy", a réagi le syndicat.

"Alliance apprend avec stupeur le décès de notre collègue. Nous avons une pensée pour ses amis, sa famille, ses proches et nous associons à leur tristesse", a déclaré le syndicat quand le syndicat Synergie-officier a salué la mémoire d'une "militante sincère et engagée".

Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur Cristophe Castaner a également réagi à cette annonce. "C'était une engagée. On pouvait ne pas être d'accord avec elle (...) mais c'était une engagée pour une cause, celle de défendre les policiers", a réagi mardi sur BFMTV le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. "Je ne vais pas interpréter son geste, il y a une enquête (...). Quel que soit la cause de son geste, il est dramatique. Mais il faut entendre cette colère des policiers, je l'ai entendue", a ajouté Christophe Castaner.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez l'a qualifiée dans un tweet de "symbole d'une police à bout", "elle portait le combat de ceux qui nous protègent au quotidien. Nous n'avons pas su la protéger", a-t-il déclaré. Pour Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, son geste est "le terrible symbole de la souffrance des policiers qu'elle dénonçait inlassablement".

Pression

Son "suicide alourdit la trop longue liste des policiers morts des conséquences de leur souffrance au travail", a abondé Benoît Hamon, le fondateur du mouvement Générations. Selon les chiffres de la police nationale, 51 policiers se sont suicidés en 2017. Depuis janvier 2018, on en compte 30 alors qu'à la même époque en 2017 on en dénombrait 46.

Alors qu'une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), plusieurs élements viendraient confirmer la théorie du suicide.
Selon Le Parisien, une certaine "pression" permettrait d’expliquer son geste. Maggy Biskupsy aurait été au cœur de critiques en raison "d’une mauvaise gestion financière de l’association", précise le journal. D'après Europe 1, la présidente de MPC aurait "reconnu il y a quelques jours avoir détourné quelques milliers d'euros de l'association" et craignait que cette affaire soit ébruitée et qu'elle ne perde son emploi.

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