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"Gilets jaunes" : Édouard Philippe maintient la taxe carbone, annonce des mesures pour apaiser la fronde

Édouard Philippe a annoncé un plan de 500 millions d'euros pour répondre à la fronde sur le prix des carburants.
Édouard Philippe a annoncé un plan de 500 millions d'euros pour répondre à la fronde sur le prix des carburants. Charles Platiau, Reuters

À l'approche du mouvement de protestation des "Gilets jaunes" prévu en France, Édouard Philippe a annoncé, mercredi, des mesures "d'accompagnement" de l'augmentation des taxes des carburants.

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Élargissement du chèque énergie, super prime à la conversion : à trois jours des manifestations pour le pouvoir d'achat, Édouard Philippe a affirmé, mercredi 14 novembre, que l'exécutif entendait maintenir la taxe sur les carburants. Il a également annoncé une augmentation des aides pour changer de véhicules et payer ses factures d'énergie.

Comme le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le Premier ministre a mis en garde sur RTL les collectifs de citoyens, baptisés "gilets jaunes", qui ont appelé à une journée de blocage des routes et de points stratégiques samedi pour protester notamment contre la hausse du prix des carburants.

"La loi s'applique" et "l'entrave à la circulation, c'est sanctionné", a-t-il affirmé. Et d’ajouter : "je le dis aux Français : vous avez le droit de manifester, bien sûr, mais il faut prendre ses responsabilités et respecter la loi", Il s'est dit "par nature pas inquiet" mais "attentif" face aux centaines d'actions répertoriées sur les réseaux sociaux qui catalysent le mouvement.

"Nous n'allons pas changer de pied"

De son côté, Emmanuel Macron doit intervenir dans le journal de 20H00 de TF1 mercredi. L'Élysée a fait savoir, par la voix d'un conseiller, que l'exécutif allait accorder "une attention accrue au quotidien des Français", tout en jugeant qu'il n'y avait "pas de mobilisation" contre les "réformes structurelles" engagées depuis le début du quinquennat.

"On ne va pas annuler la taxe carbone, nous n'allons pas changer de pied, nous n'allons pas renoncer à être à la hauteur de cet enjeu qui est considérable", qu'est la transition écologique, a martelé Édouard Philippe.

"Mais nous avons également entendu le besoin exprimé par les Français d'être accompagnés dans cette transition, car elle est difficile", a-t-il toutefois concédé.

Le chèque énergie, versé aux ménages modestes pour les aider à payer leurs factures d'énergie (gaz, électricité, etc.), sera élargi pour toucher 5,6 millions de foyers, a annoncé le chef du gouvernement, confirmant la hausse déjà prévue de 150 à 200 euros de ce chèque l'an prochain.

Ces aides représentent environ 500 millions d'euros, en incluant la hausse déjà prévue du chèque énergie, dont le coût avoisine 200 millions d'euros, a confirmé Édouard Philippe.

Le gouvernement a également décidé de créer une "super prime" à la conversion pour les véhicules pour 20 % des ménages les plus modestes ou ceux qui roulent plus de 60-70 km par jour et qui sont non imposables. Elle atteindra jusqu'à 4 000 euros doublant ainsi la prime existante.

"Mesurettes"

Le centriste François Bayrou a salué "une recherche de ce qui est juste" notamment face aux changements climatiques.

L'opposition a elle immédiatement dénoncé la surdité du gouvernement face à la colère de la rue. Accusés par le gouvernement de "récupération politique", les partis de droite, d'extrême droite et d'extrême gauche soutiennent le mouvement des "gilets jaunes". Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), qui va jusqu'à distribuer lui-même, gilet jaune sur le dos, des tracts dans les stations-service, avait dès fin octobre appelé à "bloquer toute la France le 17 novembre". 

"Il y a une seule solution pour répondre (à la colère des Français), c'est d'arrêter les hausses de taxes, tout le reste c'est de la micro-rustine".

"Toutes ces petites mesurettes, est-ce qu'elles compensent l'explosion de la facture sur l'essence et le diesel ? Non", a immédiatement réagi sur BFMTV le chef des Républicains, Laurent Wauquiez.

Louis Aliot, député RN des Pyrénées-Orientales, a lui estimé sur Franceinfo que le gouvernement "n'a rien entendu". "C'est une goutte d'eau dans un océan de dépenses qui sont occasionnées par la voiture en France : augmentation des péages, des assurances, des contrôles techniques, etc. La voiture est la vache à lait du gouvernement et les Français sont pris à la gorge."

À gauche, Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, dénonce lui le "flou" des mesures annoncées, estimant sentir "la fébrilité du gouvernement". Pour lui, Les Français ne se mobilisent pas que pour le carburant : "c'est un ras-le-bol général qui s'exprime !"

Avec AFP

 

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