Accéder au contenu principal

Lors de son procès, El Chapo accuse la présidence mexicaine de pots-de-vin

"El Chapo" Guzman, lors de son extradition aux États-Unis, en 2017.
"El Chapo" Guzman, lors de son extradition aux États-Unis, en 2017. Via Reuters

Le narcotrafiquant mexicain Joaquin "El Chapo" Guzman, jugé actuellement à New York, a accusé mardi l'ancien président mexicain, ainsi que son prédécesseur d'avoir reçu des pots-de-vin. Une allégation immédiatement démentie par Mexico.

PUBLICITÉ

Joaquin "El Chapo" Guzman est un "bouc émissaire" du gouvernement mexicain, lequel a touché des millions de dollars de pots-de-vin de son cartel : c'est ce qu'a affirmé sa défense, mardi 13 novembre, au premier jour de son procès à New York, tandis que l'accusation le dépeignait comme un vrai chef de gang.

"La vérité, c'est qu'il ne contrôlait rien", a affirmé Jeffrey Lichtman, avocat de Joaquin Guzman. "Pourquoi le gouvernement mexicain a-t-il besoin d'un bouc émissaire ? Parce qu'ils se font trop d'argent avec les pots-de-vin des barons des cartels", a-t-il lancé.

L'avocat a du même coup accusé le président mexicain sortant, Enrique Pena Nieto, et son prédécesseur, Felipe Calderon (2006-2012), d'avoir reçu "des centaines de millions de dollars" de pots-de-vin du cartel de Sinaloa, qu’El Chapo est accusé d'avoir dirigé pendant vingt-cinq ans.

Accusations "fausses et diffamatoires"

Le responsable de ces versements serait Ismael "El Mayo" Zambada, coaccusé d'"El Chapo" mais actuellement en fuite, a déclaré Jeffrey Lichtman lors de sa plaidoirie introductive, laissant entendre qu'"El Mayo" était le vrai patron du cartel.

Depuis Mexico, Enrique Pena Nieto et Felipe Calderon ont rejeté ces accusations. Le porte-parole de la présidence mexicaine les a qualifiées de "fausses et diffamatoires", tandis que Felipe Calderon les jugeait "fausses et irresponsables".

De son côté, l’accusation a dressé un tout autre tableau, assurant que Joaquin Guzman était bien "le chef de l'organisation", selon l'assistant du procureur, Adam Fels. Le représentant du ministère public a promis au jury des preuves de "ventes de drogue, d'assassinats, de corruption", notamment des textos envoyés par "El Chapo" lui-même.

Le début du procès a été retardé mardi par le désistement de deux jurés. La première, une femme, a produit un certificat médical et le second, un homme, a indiqué qu'il n'avait pas les moyens de suivre un procès d'une telle durée, étant sans emploi. Deux nouveaux jurés les ont remplacés, avant que les plaidoiries ne puissent débuter.

Perpétuité encouru et onze chefs d'accusation contre lui

El Chapo, 61 ans, encourt la prison à perpétuité au terme de ce procès qui devrait durer plus de quatre mois. La justice américaine le présente comme l'un des barons de la drogue les plus dangereux qu'elle ait jamais eu entre ses mains. Il est accusé d'avoir dirigé de 1989 à 2014 le puissant cartel de Sinaloa, du nom des montagnes au nord-ouest du Mexique d'où il est originaire.

>> À lire : "Mexique : la justice autorise l'extradition du baron de la drogue 'El Chapo' vers les États-Unis"

En attendant de savoir si les jurés jugeront le Mexicain coupable des onze chefs d'accusation contre lui, la crainte d'une nouvelle évasion ou d'un autre coup d'éclat d'"El Chapo" plane sur le tribunal. Pour protéger les jurés retenus, leurs noms resteront secrets. Ils seront escortés par des gardes chaque jour au tribunal de Brooklyn, placé sous haute surveillance.

La liste des témoins – ex-associés, employés ou rivaux d'"El Chapo" – appelés à témoigner est aussi tenue secrète. Certains bénéficient de la protection du gouvernement américain, et vivent aujourd'hui sous de nouvelles identités. D'autres sont détenus dans des prisons spéciales pour empêcher toutes représailles.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.