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Brésil : Lula sort de prison pour un interrogatoire dans le cadre d'une affaire de corruption

L'ex-président brésilien Lula purge une peine de 12 ans et un mois de réclusion pour corruption et blanchiment.
L'ex-président brésilien Lula purge une peine de 12 ans et un mois de réclusion pour corruption et blanchiment. Nacho Doce, Reuters (archives)

L'ex-président brésilien Lula, incarcéré depuis avril pour corruption et blanchiment, est sorti de sa prison de Curitiba, mercredi, le temps d'un interrogatoire pour une autre affaire le concernant.

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Incarcéré depuis avril pour corruption, l'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est sorti de sa cellule de prison de Curitiba pour la première fois, mercredi 14 novembre, le temps d'un interrogatoire à huis clos pour une autre affaire le concernant.

"Je me considère comme un trophée. J'étais un trophée que 'Lavage Express' [le nom de l'enquête anticorruption, NDLR] devait livrer. Je ne sais pas pourquoi ils ne m'aiment pas, mais j'étais un trophée qu'il fallait livrer", a déclaré Lula durant l'audience qui a duré près de trois heures.

>> À lire : Brésil : l'ex-président Lula passe sa première nuit en prison

L'ex-président, icône de la gauche brésilienne, a également affirmé être "fatigué des mensonges" à son encontre. Lula, 73 ans, est arrivé au Palais de justice en voiture peu avant 14 heures (16 heures GMT), heure fixée pour cet interrogatoire, dont les images vidéo ont par la suite été diffusées par la justice.

Environ 200 militants de gauche étaient rassemblés à l'extérieur du bâtiment, où les mesures de sécurité ont été renforcées. Dans la matinée, une centaine de ses partisans ont guetté sa sortie du siège de la Police fédérale, à cinq kilomètres de là, où il purge une peine de 12 ans et un mois de réclusion pour corruption et blanchiment.

"Lavage express"

L'ex-président de gauche (2003-2010) a été interrogé par la juge Gabriela Hardt, désormais chargée de l'enquête anticorruption "Lavage express". Elle remplace le juge Sergio Moro qui a accepté le poste de ministre de la Justice du président élu Jair Bolsonaro, qui entrera en fonctions en janvier.

Lula est accusé d'avoir bénéficié de travaux financés par des groupes du BTP entre 2010 et 2014 dans une propriété à Atibaia, dans l'État de Sao Paulo. Ces travaux auraient été effectués en échange de contrats avec le groupe étatique pétrolier Petrobras.

Mercredi, durant son interrogatoire, Lula a affirmé ne pas détenir la propriété en question et tout ignorer des travaux incriminés. Cette propriété "n'était pas la mienne", a-t-il répété à plusieurs reprises.

D'une manière générale, la défense de Lula assure qu'il est innocent et qu'il est victime d'une cabale politico-judiciaire. Il avait été condamné par le juge Moro en juillet 2017 pour une autre affaire, portant sur un appartement en bord de mer qu'il aurait reçu pour favoriser l'entreprise de bâtiment OAS.

Lula nie toute culpabilité

En dehors de ces deux affaires, Lula est mis en cause par la justice brésilienne dans quatre autres dossiers. Il nie toute culpabilité dans l'ensemble de ces affaires.

L'ex-président a reçu mercredi matin la visite de Fernando Haddad, candidat malheureux de son Parti des travailleurs (PT) au second tour de la présidentielle, remportée par Jair Bolsonaro (extrême droite) le 28 octobre.

>> À lire : Brésil : la lente implosion du système politique a porté Bolsonaro au pouvoir

Une semaine avant son élection, Jair Bolsonaro avait scandé dans un discours enflammé qu'il espérait voir Lula "pourrir en prison".

La défense de Lula a demandé sa libération et l'annulation de sa condamnation, invoquant une présumée partialité du juge Sergio Moro qui a accepté d'entrer dans le prochain gouvernement d'extrême droite.

Avec AFP

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