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La justice française ordonne la mise en liberté sous conditions de Tariq Ramadan

L'intellectuel Tariq Ramadan lors d'une interview avec l'agence Reuters, en avril 2010.
L'intellectuel Tariq Ramadan lors d'une interview avec l'agence Reuters, en avril 2010. Mike Segar, Reuters

Tariq Ramadan a obtenu jeudi sa remise en liberté en échange d'une caution, de la remise de son passeport aux autorités et d'une interdiction de quitter le territoire français. L'islamologue suisse est accusé de viol par deux femmes.

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Il va finalement sortir de prison. L'islamologue suisse de 56 ans a obtenu sa mise en liberté sous conditions, après avoir plaidé sa cause lors d'une audience jeudi 15 novembre devant la cour d'appel de Paris. Tariq Ramadan était incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour des viols qu'il conteste.

La libération de l'islamologue suisse de 56 ans est cependant soumise au versement préalable d'une caution de 300 000 euros, a précisé son avocat Emmanuel Marsigny. Tariq Ramadan, qui devra remettre son passeport suisse, aura interdiction de quitter le territoire, d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Il devra pointer une fois par semaine au commissariat.

>> À lire : Tariq Ramadan, figure contestée de l'islam européen

La chambre de l'instruction a rendu cette décision, non susceptible d'appel, après une rare audience publique jeudi après-midi, alors que le huis clos est quasi systématique à Paris en matière de détention.

"Défendre mon honneur et mon innocence"

"J'irais fuir où ? Alors que tout va vers mon innocence. (...) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence", avait déclaré Tariq Ramadan depuis le box sous le regard de sa fille et d'une dizaine de ses partisans, vêtus de T-shirt "Free Tariq Ramadan".

Cette demande de mise en liberté, la quatrième après près de dix mois de détention, avait été rejetée la semaine dernière par les juges d'instructions et le juge des libertés et de la détention. Les magistrats craignaient notamment des pressions sur les plaignantes, Henda Ayari et une femme appelée "Christelle" dans les médias. Toutes deux avaient lancé l'affaire en dénonçant à l'automne 2017 avoir subi un rapport sexuel d'une extrême violence, en 2012 pour la première et en 2009 pour l'autre.

>> À lire : Une enquête pour viol ouverte en Suisse à l'encontre de Tariq Ramadan

Cette nouvelle demande avait été déposée dans la foulée d'une audition, fin octobre, où Tariq Ramadan avait admis des relations sexuelles "consenties" avec ses accusatrices. Après un an de dénégations, la révélation d'échanges par SMS sans ambiguïté l'avait contraint à changer de version.

"Je n'ai jamais violé, je ne suis pas un violeur. C'est vrai que j'ai commis une erreur, j'ai pensé à protéger ma famille. C'était une erreur et une bêtise de ma part que ce mensonge", s'est-il justifié.

"Logique", selon son avocat

"La remise en liberté de Tariq Ramadan est logique au regard des derniers développements du dossier qui démontrent que les accusations de viols s'effondrent", s'est félicité Me Marsigny.

"L'audience ayant été publique, tout le monde a pu entendre que la cour n'allait pas se prononcer sur sa culpabilité ou son innocence, mais sur la question de savoir si les conditions de son maintien en détention étaient toujours remplies", a réagi Me Éric Morain, l'avocat de "Christelle". "Il est évident que les aveux de M. Ramadan après neuf mois de mensonges ont joué dans cette décision", a-t-il estimé.

L'autre accusatrice, Henda Ayari, a réagi sur Twitter jeudi, se disant "sereine".

Avec AFP

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