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Affaire Khashoggi : Washington envisage l'expulsion de Gülen pour calmer Ankara

L’imam Fethullah Gülen est dans le viseur du chef de l'État turc Recep Tayyip Erdogan.
L’imam Fethullah Gülen est dans le viseur du chef de l'État turc Recep Tayyip Erdogan. Charles Mostoller, Reuters (archives)

La Maison Blanche chercherait un moyen d'expulser l'imam turc Fethullah Gülen, exilé aux États-Unis depuis 1999, pour convaincre Ankara de cesser de faire pression sur Riyad au sujet de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, selon NBC News.

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L’administration Trump continue d'étudier la demande turque d'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, honni par le président Recep Tayyip Erdogan et accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch manqué de 2016, a déclaré jeudi 15 novembre le département d'État américain.

Selon NBC News, la Maison Blanche se penche sur les possibilités juridiques d'expulser le prédicateur islamiste, installé aux États-Unis depuis 1999. Une des options envisagées consisterait à le contraindre à s'installer en Afrique du Sud.

Selon quatre sources citées par la chaîne, le ministère de la Justice et le FBI ont été invités à rouvrir le dossier. NBC News rapporte que cela s'inscrit dans un effort diplomatique pour que Recep Tayyip Erdogan relâche la pression sur l'Arabie saoudite après l’assassinat de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi.

>> À lire : Quand Fethullah Gülen évoquait le complot visant à le livrer à Ankara

Le président turc a affirmé que le meurtre de l'aditorialiste avait été commandité "aux plus hauts niveaux de l'État" saoudien. Il a écarté la responsabilité du roi Salmane mais n'a pas absous son fils, le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, que Washington ne semble pas vouloir lâcher.

"Ces questions ne sont pas liées", a assuré jeudi la porte-parole du département d'État, Heather Nauert. Elle a ajouté que la Maison Blanche n'avait "pas été impliquée dans des discussions" avec "les Turcs" au sujet "de l'extradition de Fethullah Gülen".

Réflexion en cours

Elle n'a en revanche pas clairement démenti les informations de NBC sur des réflexions au sein de l'administration de Donald Trump sur une possible solution pour faire partir le prédicateur.

"Nous avons reçu de nombreuses demandes de la part du gouvernement turc", "Nous continuons d'analyser les éléments présentés par le gouvernement turc pour appuyer sa demande d'extradition", s'est-elle bornée à dire devant la presse.

>> À lire : Gülen a rencontré un homme lié au coup d’État, mais rejette les accusations d'Erdogan

De son côté, un membre de l'équipe présidentielle a déclaré à l'agence Reuters que "la Maison Blanche n'est impliquée dans aucune discussion concernant à la fois l'extradition de Fethullah Gülen et la mort de Jamal Khashoggi".

Les relations entre les États-Unis et la Turquie se sont un peu réchauffées depuis que la justice turque a libéré, en octobre, le pasteur américain Andrew Brunson dont Washington réclamait avec insistance le retour.

Le sort de Fethullah Gülen, qui nie toute implication dans la tentative de coup d'État et que les Américains n'ont jusqu'ici pas accepté d'extrader, reste l'un des principaux points de discorde entre ces deux pays alliés au sein de l’OTAN.

Fethullah Gülen "ne s'inquiète pas" de sa possible extradition

Alliance for Shared Values, l'organisation qui soutient le prédicateur islamiste, s'est dite "alarmée". "Le gouvernement turc n'a jamais réussi à fournir aux États-Unis les preuves nécessaires pour démontrer que M. Gülen était responsable de la déplorable tentative de coup d'État du 15 juillet 2016", a-t-elle déclaré.

Et elle poursuit dans son communiqué : "Maintenant, selon des informations de presse, le gouvernement turc tente d'utiliser le meurtre tragique du journaliste saoudien Jamal Khashoggi comme monnaie d'échange pour sa demande illégale".

Dans un entretien exclusif accordé en juillet 2017 à France 24, Fethullah Gülen avait fait peu de cas de la demande d’extradition du pouvoir turc. "Je crois que ni Donald Trump, ni aucun autre président américain ne prendra le risque de ternir la réputation des États-Unis dans le monde et de se plier aux demandes insensées du président turc. Donc, je ne m’inquiète pas de cette possibilité", avait répondu l’intéressé.

Avec AFP et Reuters

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