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Mexique : accueil hostile à la frontière américaine pour une "caravane" de migrants

Des migrants de la "caravane" partie du Honduras sont arrivés à Tijuana, au Mexique, à la frontière avec les États-Unis.
Des migrants de la "caravane" partie du Honduras sont arrivés à Tijuana, au Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Carlos Garcia Rawlins, Reuters

Une caravane de migrants centraméricains est arrivée, jeudi, dans la ville mexicaine de Tijuana, à la frontière avec les États-Unis, où des milliers de soldats américains ont été déployés par le président Donald Trump pour leur faire barrage.

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Après un mois sur les routes, une caravane de migrants centraméricains, composée en majorité de ressortissants du Honduras, est arrivée jeudi 15 novembre à Tijuana, au Mexique, à la frontière avec les États-Unis.

Dans la matinée, vingt-deux autobus transportant au total environ 800 migrants ont atteint l'entrée de cette ville située dans l'État mexicain de Basse-Californie, s'ajoutant à environ 800 autres déjà arrivés par petits groupes depuis le 11 novembre.

Plus de 3 000 autres migrants progressaient en milieu de journée à bord d'autobus en direction de cette ville où ils devaient arriver dans la soirée, guère dissuadés par les menaces du président Donald Trump et du déploiement de milliers de militaires américains.

Tous appartiennent à la caravane partie le 13 octobre de la ville hondurienne de San Pedro Sula.

Accueillis par des jets de pierres

Ces quelque 5 500 migrants auront parcouru 4 300 km à pied, en camion ou en autobus, pour atteindre Tijuana. Mercredi, environ 300 habitants ont manifesté contre la présence de migrants installés près de la plage de Tijuana et ont entonné l'hymne national mexicain. Certains leur ont même jeté des pierres.

Dans la ville, un centre sportif était en cours d'aménagement pour accueillir un millier de migrants. Visiblement fatigués, des dizaines d'entre eux faisaient la queue pour s'y enregistrer et pouvoir s'y reposer.

>> À lire : "Caravane" de migrants : pourquoi des milliers de Honduriens fuient leur pays

Au poste frontalier de San Diego, les autorités américaines ont réduit ces derniers jours les voies d'accès pour les automobiles et installé des barrières en ciment ainsi que des barbelés. Sur la plage, la barrière qui sépare les deux pays a été renforcée à l'aide des barbelés et des militaires américains montaient la garde. Près de 6 000 militaires ont été déployés à la frontière face à ce que Donald Trump qualifie d'"invasion" de migrants.

Soulignant le "discours ouvertement hostile" aux migrants de la part de l’administration américain, le ministre mexicain de l'Intérieur a déclaré jeudi que leurs chances d'entrer aux États-Unis étaient "pratiquement nulles". "Il y a un risque énorme d'incident sur la frontière", a affirmé Alfonso Navarrete Prida, qui a également assuré que les autorités mexicaines tenteraient de les empêcher de passer en force aux États-Unis.

Des services administratifs américains saturés

Le 9 novembre, le président américain a signé un décret qui permet de rejeter automatiquement les demandes d'asile déposées par des personnes ayant traversé illégalement la frontière avec le Mexique et de les expulser.

Au moins huit migrants qui avaient franchi mercredi la barrière métallique ont été rapidement arrêtés par les agents frontaliers américains, a constaté un journaliste de l'AFP. Ceux qui souhaitent déposer une demande d'asile devront patienter de longues semaines à Tijuana avant d'être convoqués par les autorités américaines pour que leur dossier soit étudié.

>> À lire : Face à la "caravane" de migrants, Trump tente de galvaniser son électorat

Au cours des cinq dernières années, ces demandes ont augmenté de 2 000 % le long de la frontière, et les services administratifs américains sont saturés. Mercredi soir, la commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova, a demandé aux États-Unis d'appliquer les normes internationales de protection des migrants.

"Chaque pays dans le monde a le droit de protéger ses frontières et chaque pays dans le monde a l'obligation de le faire dans le plein respect des droits de l'homme et du principe de non-refoulement, ainsi que des normes internationales de protection", a-t-elle déclaré.

Avec AFP

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