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Theresa May nomme Stephen Barclay ministre du Brexit

La Première ministre britannique Theresa May quite le 10 Downing Streert, le 16 novembre 2018.
La Première ministre britannique Theresa May quite le 10 Downing Streert, le 16 novembre 2018. Peter Nicholls, Reuters

Confrontée à une série de démissions depuis le projet d'accord négocié avec l'UE, Theresa May a nommé, vendredi, le secrétaire d'État à la santé Stephen Barclay ministre du Brexit. Il s'agit de la troisième nomination à ce poste depuis le référendum.

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La Première ministre britannique, a nommé, vendredi 16 novembre, Stephen Barclay, un partisan de la sortie de l'Union européenne, au poste de ministre du Brexit en remplacement de Dominic Raab. Ce dernier avait démissionné jeudi en raison de son désaccord avec le plan de sortie de l'UE de Theresa May.

Le rôle de Stephen Barclay sera de préparer le pays à la sortie de l'UE, qui sera effective en mars prochain, et de faire adopter par le Parlement le projet d'accord conclu avec les négociateurs européens, a précisé le porte-parole de la Première ministre. 

Theresa May s’est dite déterminée à défendre jusqu'au bout son projet d'accord sur le Brexit comme son avenir politique. Elle a annoncé vendredi qu'elle allait mener en personne les dernières négociations avec Bruxelles.

L'avenir de la Première ministre britannique est suspendu à un fil après une rébellion au sein de son Parti conservateur et une cascade de défections au sein de son gouvernement. 

Après des doutes sur une possible démission dans la matinée, l'influent ministre de l'Environnement Michael Gove – une des figures de proue de la campagne pro-Brexit – a réaffirmé sa confiance en Theresa May et sa volonté à travailler à un bon accord.

Selon le Sunday Times, quatre autres ministres eurosceptiques du gouvernement auraient décidé de rester. Liam Fox (Commerce international), Chris Grayling (Transports), Penny Mordaunt (Développement international) et Andrea Leadsom (Relations avec la Chambre des Communes) "ont collectivement décidé de rester et d'œuvrer ensemble à améliorer les choses".

>> À lire : les visages de la fronde contre Theresa May

L'autorité de Theresa May a cependant été ébranlée jeudi par une vague de démissions de son gouvernement lors d'une journée à rebondissements et une menace de vote de défiance émanant de députés de son propre camp, partisans d'une rupture nette avec l'UE.

"Je veux que tous mes collègues du gouvernement sentent qu'ils peuvent continuer à faire leur excellent travail", s'est contentée de commenter la dirigeante en répondant aux questions d'auditeurs sur la radio privée LBC.

Opération de charme

La cheffe de l'exécutif a lancé une opération de charme envers les Britanniques pour les convaincre des bienfaits du projet d'accord, répondant sur un ton enjoué aux questions des auditeurs tôt vendredi matin. La veille, elle avait déjà défendu bec et ongles le projet d'accord avec l'UE, faisant planer la menace d'un retour en arrière sur le Brexit si elle n'obtenait pas de soutien au Parlement.

Ses arguments n'ont pas convaincu le parti unioniste nord-irlandais DUP, dont les dix députés lui sont indispensables pour avoir une majorité absolue, et qui entend s'opposer au projet d'accord.

>> À lire : Brexit : vers un vote de censure contre Theresa May ?

Mais la Première ministre a assuré vendredi sur LBC qu'elle continuait de travailler aux côtés du DUP, sans toutefois pouvoir garantir son soutien. "Quand il s'agira de voter, chaque député décidera individuellement comment voter."

La veille, elle a affronté pendant trois heures des députés vent debout contre l'accord, après la démission de quatre membres de son gouvernement, inquiets notamment du sort particulier réservé à la province britannique d'Irlande du Nord après le Brexit.

"J'ai moi-même des inquiétudes", a-t-elle admis sur LBC. Mais dans toute négociation, il faut faire des "compromis".

"Le reniement" ou "le désastre économique"

Des députés de divers bords politiques lui ont déclaré qu'il n'y avait aucune chance que le plan obtienne leur feu vert en décembre, après son approbation lors d'un sommet européen le 25 novembre, à Bruxelles.

Outre l'hostilité prévisible de l'opposition, Theresa May est en butte à celle de bon nombre de députés de son propre parti, dont plusieurs tentent d'organiser un vote de défiance pour l'évincer.

C'est le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg, à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), qui est à la manœuvre, l'accusant d'avoir trahi les promesses faites aux électeurs britanniques.

>> À lire : Brexit : le projet d’accord divise (aussi) la presse britannique

L'appui de 48 députés, soit 15 % du groupe conservateur à la Chambre des communes, est nécessaire pour organiser un vote de défiance, et il faudrait ensuite qu'une majorité de députés conservateurs votent contre elle.

Pour le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, les Brexiters ont désormais le choix entre "le reniement" ou "le désastre économique".

"Personne ne préfère une absence d'accord. Ce n'est pas la meilleure issue. Mais cela ne doit pas terroriser non plus", a de son côté estimé l'ex-ministre du Brexit David Davis, qui avait démissionné en juillet face à une stratégie sur le Brexit jugée trop douce.

Les démissions au sein du gouvernement May ont également conforté les partisans d'un second référendum sur le Brexit, une idée qui gagne du terrain même si la cheffe du gouvernement a répété qu'elle n'y recourrait pas.

Avec AFP

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