Accéder au contenu principal
REPORTAGE

Centenaire 1914-18 : 500 jeunes réunis à Berlin pour réfléchir à la paix

Des participants de Youth for peace visitent un cimetière à Berlin en lien avec la Première Guerre mondiale.
Des participants de Youth for peace visitent un cimetière à Berlin en lien avec la Première Guerre mondiale. Stéphanie Trouillard, France 24

À l'occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre, 500 jeunes du monde entier sont rassemblés à Berlin. Ils réfléchissent ensemble à ce que signifie la paix aujourd'hui et vont faire des propositions aux présidents français et allemand.

PUBLICITÉ

Dans le cimetière In den Kisseln, dans le quartier de Spandau, dans l'ouest de Berlin, quelques jeunes déambulent de bon matin dans les allées. Malgré le froid, ils sont concentrés. Carte en main, ils cherchent un carré militaire de la Première Guerre mondiale. Après une courte promenade, ils finissent par le trouver. "C'est touchant. Certains n'avaient que 18 ans, comme moi. Ils avaient notre âge", souligne Barbara, une jeune Polonaise, une fois arrivée devant les tombes impeccablement alignés. "Certains sont morts juste avant la fin de la guerre. C'est très triste", ajoute Dalma, sa camarade slovaque, en pensant aux dates de décès inscrites sur les dalles noires. Pour Katja, leur accompagnatrice allemande, l'émotion est aussi palpable : "Je suis surprise de l'aspect de ce cimetière militaire. Il est plutôt beau. Nous sommes ici pour réfléchir à la paix et je trouve ce lieu finalement assez paisible".

"On ne connaît que l'histoire de son pays"

Ces jeunes font partie des 500 participants de l'événement "Youth for peace - 100 ans après la fin de la Première Guerre mondiale, 100 idées pour la paix", organisé par l'Office franco-allemand de la jeunesse (Ofaj) à l'occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre. Réunis à Berlin jusqu'au 18 novembre et venus de 48 pays, ils confrontent leur vision très différente de cette histoire pourtant commune. Selon leur origine, le souvenir de la Première Guerre mondiale n'est pas ancré de la même façon dans leur mémoire.

"Ce conflit a été une catastrophe nationale pour les Bulgares. C'est une défaite", souligne ainsi Velislava-Mihaela, qui a fait le voyage depuis Sofia. "Un de mes arrière-grands-pères serait mort durant la guerre, mais je n'en sais pas plus", ajoute cette jeune Bulgare, étudiante en relations internationales. Pour Barbara, la Polonaise, la fin de la Grande Guerre représente en revanche une date positive : "Le 11 novembre est un jour important pour la Pologne. Cela marque la reconquête de notre indépendance et la liberté". En discutant dans les allées du cimetière, ils découvrent peu à peu le passé de chacun. "Souvent, on ne connaît que l'histoire de son pays. Ici, on apprend comment le conflit a affecté les autres", résume Dalma, venue de la capitale slovaque Bratislava.

Cent ans après la fin de cette guerre qui a embrasé l'Europe, ces jeunes savent qu'ils sont plus chanceux que leurs aînés. Les armes se sont tues. "Hier, quand nous étions rassemblés pour la projection d'un film, je regardais autour de moi les autres jeunes âgés de 17, 18 ans, et je me disais qu'il y a un siècle, on se serait combattu dans les tranchées", constate Antoine, un Français qui vit dans la Marne. Pour autant, les participants de Youth For Peace se préoccupent aussi de la situation actuelle et du repli sur soi en Europe, comme Helena, une jeune Allemande, originaire de Hambourg : "La guerre s'est éloignée, mais on retrouve aujourd'hui des mécanismes de ce nationalisme. Je n'ai pas vraiment peur, mais il faut en en avoir conscience et faire attention". Barbara, sa camarade polonaise, est encore plus inquiète : "Mon pays devient très nationaliste et conservateur. Il s'isole des autres. En venant ici, je voulais montrer qu'il y a aussi en Pologne, des gens qui veulent célébrer la fraternité".

Cent idées pour la paix

Et pour continuer à entretenir cette fraternité, ces jeunes réfléchissent activement à ce que signifie la paix aujourd'hui. À travers différents ateliers, comme cette visite organisée dans un lieu de mémoire, ils échangent sur l'avenir de l'Europe et sur leurs relations avec leurs voisins. "D'habitude, nous n'avons pas de contact entre nous. Finalement, nous ne nous connaissons pas. Je suis persuadé que tout homme a un peu de racisme en soi et ce genre d'événements peut nous aider à changer un peu", affirme Amir, un lycéen berlinois. La Bulgare Velislava-Mihaela est elle aussi plutôt optimiste : "Ici, les jeunes sentent qu'ils ont un rôle à jouer. C'est formidable de pouvoir parler de tous ces sujets polémiques et aller de l'avant, alors qu'il y a cent ans, nous étions en guerre".

Au-delà d'un simple dialogue entre les cultures, à l'issue de ces quatre journées de rencontres, les participants vont élaborer 100 idées pour la paix. Elles seront remises dimanche aux présidents français et allemand, Emmanuel Macron et Frank Walter-Steinmeier, lors de la cérémonie de clôture. Les deux dirigeants seront présents et viendront à la rencontre des jeunes de Youth For Peace. Un moment que tous attendent avec impatience. "J'espère qu'au final, ce ne sera pas juste une réunion entre jeunes et que nos idées seront vraiment prises en compte", insiste Antoine. Amir, lui, voit même plus loin : "Ce rassemblement fera peut-être la différence plus tard. Peut-être que parmi nous se trouve un futur président et qu'il se souviendra de cette rencontre à Berlin !"

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.