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Sommet de l'Apec : les dirigeants d'Asie-Pacifique échouent à s'entendre sur une déclaration commune

Les dirigeants de l'Apec à l'ouverture du sommet le 18 novembre avant les passes d'armes entre la Chine et les États-Unis.
Les dirigeants de l'Apec à l'ouverture du sommet le 18 novembre avant les passes d'armes entre la Chine et les États-Unis. David Gray, Reuters

Les dirigeants de l'Asie-Pacifique ne sont pas parvenus à aplanir leurs différences, dimanche, lors d'un sommet marqué par une passe d'armes incisive entre la Chine et les États-Unis sur fond de lutte d'influence dans la région.

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C'est une première dans l'histoire de l'Apec, le rendez-vous annuel de la coopération économique pour l'Asie-Pacifique qui s'est achevé dimanche 18 novembre en Papouasie Nouvelle-Guinée : alors que le sommet a été marqué par les divergences entre les États-Unis et laChinesur le commerce et les investissements, les dirigeants n'ont réussi à s'entendre sur aucune déclaration commune.

>> À voir : Le protectionnisme de Trump face à l'Apec

Le cadre multilatéral des relations commerciales que l'Apec a été chargé de protéger depuis 1989 est menacé par l'influence croissante de la Chine dans la région Pacifique et par les droits de douane imposés par les États-Unis, qui ont pour conséquence de tendre les relations et de créer des divisions.

Lors de la conférence de presse de clôture alors qu'on lui demandait qui, parmi les 21 membres de l'Apec, s'était opposé à un accord, le Premier ministre de Papouasie Nouvelle-Guinée, Peter O'Neill a répondu : "Vous connaissez les deux grands géants dans la pièce". Il a souligné que l'un des points de blocage portait sur la mention éventuelle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et sur sa possible réforme dans la déclaration finale.

Une déclaration a été publiée à l'issue de chaque sommet des dirigeants de l'Apec depuis 1993, d'après le site internet de l'organisation.

Discours très peu diplomatique de Mike Pence

Le président américain, Donald Trump, n'a pas assisté au sommet ni son homologue russe Vladimir Poutine. Le vice-président américain, Mike Pence, était en revanche présent. Le président chinois, Xi Jinping, a quant à lui été accueilli en grande pompe jeudi. Il a suscité des inquiétudes chez les Occidentaux en rencontrant des dirigeants des Iles Pacifiques pour évoquer son programme de "Nouvelles routes de la soie".

Aussi appelé "Belt and Road initiative" (ceinture et route), ce projet prévoit un vaste plan de développement des transports terrestres et maritimes entre la Chine, l'Asie du Sud-Est, l'Asie centrale, le Moyen-Orient, l'Europe et l'Afrique

Les États-Unis et leurs alliés, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ont riposté dimanche avec un plan de 1,7 milliard de dollars pour déployer électricité et Internet en Papouasie.

Selon un diplomate impliqué dans les discussions, les tensions entre la Chine et les États-Unis, qui couvaient les jours précédents, ont finalement éclaté au grand jour lorsqu'un haut diplomate chinois, Wang Yi, s'est opposé à deux paragraphes du projet de déclaration. L'un mentionnait des "pratiques commerciales déloyales" ainsi que la réforme de l'OMC et l'autre le développement durable.

Dans un discours très peu diplomatique, Mike Pence a déclaré samedi que les droits de douane imposés par Washington à plus de 250 milliards de dollars de produits chinois resteraient en place tant que Pékin ne changera pas de politique. Mike Pence s'en est également pris directement au programme "Belt and Road initiative", estimant qu'aucun pays ne devrait accepter un endettement qui remette en cause sa souveraineté, en allusion aux prêts accordés par la Chine pour développer des infrastructures.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a répliqué dimanche, en assurant par la voie d'une porte-parole qu'aucun pays en développement ne se retrouverait piégé par la dette du fait de sa coopération avec la Chine.

Le Premier ministre de Papouasie Nouvelle-Guinée a finalement affirmé que son pays ne comptait pas choisir de camp. "Nous acceptons les investissements chinois, nous acceptons les investissements américains. Notre politique étrangère est d'être ami avec tout le monde, ennemi avec personne."

Avec Reuters

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