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En Belgique, les "Gilets jaunes" se politisent

En Belgique, le mouvement des "Gilets jaunes" a bloqué les raffineries en Wallonie.
En Belgique, le mouvement des "Gilets jaunes" a bloqué les raffineries en Wallonie. AFP

Le mouvement belge, qui s'inspire directement de l'initiative citoyenne contre la hausse de la taxe carbone en France, se distingue par ses actions plus ciblées et ses ambitions politiques.

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Emmanuel Macron se rendra à Bruxelles le 19 et le 20 novembre pour rencontrer le premier ministre belge, Charles Michel. Nul doute qu'ils discuteront des "Gilets jaunes", ce mouvement citoyen apolitique qui a bloqué les autoroutes et autres grands accès routiers tout le week-end dans l'Hexagone mais aussi en Belgique.

Comme en France, le mouvement des Gilets jaunes a débuté sur les réseaux sociaux. Comme en France, les manifestants dénoncent la hausse des prix des carburants. Selon Statista, le prix moyen d’un litre d’essence est ainsi de 1,43 euro en Belgique (1,54 en France) et de 1,54euro pour le diesel (1,51 euro en France).

Actions ciblées

Reste que le mouvement outre-quiévrain présente quelques différences : en Belgique, les actions ont commencé dès vendredi, une tradition dans le pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué les raffineries de Feluy (Charleroi), Wierde (Namur) et de Wandre (Liège). L’objectif serait "de mettre à sec le pays" en matière de carburants selon les appels lancés en ligne, afin de faire réagir rapidement les dirigeants politiques.

Dès lundi, après quatre jours de mobilisation, des risques de pénurie de carburant étaient à craindre dans la province de Liège, où plusieurs stations étaient dans l'incapacité de servir tous leurs clients, selon des manifestants interrogés par Sudinfo. Mais les professionnels se voulaient rassurants. Le directeur de la fédération belge des négociants en carburant, Olivier Neyrinck, a affirmé sur RTL en Belgique : "Nous avons toute possibilité pour aller chercher du carburant à d'autres endroits qu'à Wandre, Wierde ou Feluy. Il n'y a que la Wallonie qui subit ce mouvement citoyen. Donc Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges, ... sont toujours accessibles pour nos distributeurs. On mettra peut-être plus de temps, il y aura peut-être des pénuries momentanées qui dureront une heure ou deux, le temps de faire le transport. Mais il n'y a vraiment pas lieu de paniquer".

Baisse du pouvoir d'achat

En effet, l'action des Gilets jaunes est limitée à la Wallonie et n'a pas pris forme dans la partie flamande du pays. À noter que les prix du carburant chez nos voisins ont baissé de 1 % tandis qu'ils ont augmenté de 17 % en France sur la même période.

Pour cette raison, les revendications des Belges concernent de manière plus large  la baisse de leur pouvoir d'achat. Ils exigent notamment du gouvernement une baisse de la TVA de 21 à 6 % sur les biens de première nécessité, notamment le carburant. "Le citoyen n'a plus un niveau de vie décent", a déclaré Claude Gilles, porte-parole des manifestants à Wierde. "On a du mal à se payer à manger et beaucoup sont concernés."

Ambitions politiques

En tant qu'ancien membre du Parti populaire de Mischaël Modrikamen, Claude Gilles a annoncé, dimanche, la volonté d'aller plus loin que ce mouvement citoyen en créant un parti politique en vue des prochaines élections fédérales. Les différents représentants locaux se sont entendus pour créer une formation politique qui portera le nom de Mouvement Citoyen Belge, même si cette appellation a déjà été prise il y a déjà deux ans. Reste à savoir combien de temps va s'écouler avant la récupération politique des Gilets jaunes français.

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