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Cisjordanie : Airbnb se retire des colonies, colère d'Israël

Une route menant à la colonie israélienne de Dolev, où Airbnb proposait des offres jusqu'à sa décision du 19 novembre 2018.
Une route menant à la colonie israélienne de Dolev, où Airbnb proposait des offres jusqu'à sa décision du 19 novembre 2018. Baz Ratner, Reuters

La plateforme de réservation de logements en ligne Airbnb a annoncé, lundi, qu'elle renonçait à faire des offres dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée, provoquant des menaces de sanctions de la part de l'État hébreu.

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Il n'y aura bientôt plus d'offres Airbnb dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Le site américain de locations de logements a, en effet, annoncé lundi 19 novembre qu'il se retirait de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis plus de 50 ans.

"Nous avons conclu que nous devrions retirer de nos listes les logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée qui sont au cœur de la dispute entre Israéliens et Palestiniens", a indiqué dans un communiqué Airbnb. "Nous savons que des gens vont être en désaccord avec cette décision et nous respectons leur perspective. C'est une question controversée", indique le texte.

Les colonies construites par Israël en Cisjordanie sont considérées comme illégales par la communauté internationale qui les voit comme l'un des principaux obstacles à la paix. Le gouvernement israélien conteste cette vision.

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La plateforme indique que 200 logements sont répertoriés dans les colonies, mais ne précise pas quand cette mesure entrera en vigueur.

Le ministre israélien du Tourisme, Yariv Levin, a immédiatement dénoncé dans un communiqué la décision "honteuse et malheureuse" d'Airbnb. "Notre ministère a commencé à préparer des mesures immédiates pour limiter les activités d'Airbnb" en Israël. Il a ajouté qu'il comptait lancer un programme pour encourager la location de courte durée de logements dans les colonies de Cisjordanie.

"Bed and Breakfast en terre volée"

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a appelé tous "ceux qui sont affectés d'envisager de porter plainte contre Airbnb", en se basant sur une loi israélienne contre le boycott de l'État hébreu. Le conseil de Yesha, la plus importante organisation de colons, a également critiqué la décision d'Airbnb, "résultat ou de l'antisémitisme ou de la reddition au terrorisme ou des deux. Airbnb est devenu un site politique". Un haut responsable palestinien, Saëb Erakat, a en revanche estimé dans un communiqué que la décision d'Airbnb "constitue une première étape positive".

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L'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué qu'elle allait rendre public, mardi, un rapport intitulé "Bed and Breakfast en terre volée" pour dénoncer les activités d'Airbnb dans les colonies. Arvind Ganesan, un responsable de cette ONG, a estimé que la décision d'Airbnb est une "importante reconnaissance" du fait que de telles activités ne "cadrent pas avec ses responsabilités en matière de droits de l'Homme".

Environ 430 000 colons israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec plus de 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël tandis qu'environ 200 000 Israéliens résident à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Avec AFP

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