Accéder au contenu principal

Le prince d'Abu Dhabi à Paris : les ONG demandent à Macron de ne pas oublier le Yémen

le Prince héritier d'Abu Dhabi, Mohammed Bin Zayed al-Nahyan, à l'aéroport militaire d'Amman en Jordanie, le 20 novembre 2018.
le Prince héritier d'Abu Dhabi, Mohammed Bin Zayed al-Nahyan, à l'aéroport militaire d'Amman en Jordanie, le 20 novembre 2018. Muhammad Hamed, Reuters

Le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Bin Zayed al-Nahyan, est attendu mercredi à l’Élysée. Une visite qui relance les critiques d'ONG au sujet des ventes d’armes françaises à ce pays impliqué dans la guerre au Yémen, aux côtés des Saoudiens.

PUBLICITÉ

L’utilisation des armes françaises vendues aux Émirats arabes unis figurera-t-elle au menu des discussions entre Emmanuel Macron et le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed Bin Zayed al-Nahyan, dit "MBZ" ? C’est en tout cas le souhait de plusieurs organisations des droits de l’Homme, alors que le président français doit rencontrer le leader émirati, mercredi 21 novembre, à l'Élysée.

La visite de MBZ, visé depuis mercredi par deux plaintes à Paris, l'une pour complicité de tortures déposée par trois Qataris, l'autre pour crimes de guerre portée par six ressortissants du Yémen, intervient en pleine bataille entre la coalition sous commandement saoudien et les rebelles houthis pour le port yéménite d’Hodeïda. Cette localité stratégique sur la mer Rouge est la principale porte d’accès à l’aide humanitaire, qui permet la survie d’une population au bord de la famine après trois ans de guerre.

Citant la multiplication des crimes de guerre au Yémen, un groupe de huit ONG a appelé le président français à "peser de tout son poids" pour stopper l’offensive à Hodeïda et suspendre les livraisons de matériel militaire, les Émirats arabes unis étant impliqués dans la guerre au Yémen depuis le premier jour.

Risque juridique pour la France

Selon le dernier rapport du ministère français de la Défense, les commandes de matériel militaire des Émirats arabes unis sont passés de 200 millions d’euros en 2015, année du début du conflit au Yémen, à 700 millions en 2017.

Sans compter le montant encore plus élevé des ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

>> À lire : Le Yémen, du soulèvement contre Saleh en 2011 à la prise d'Aden par les séparatistes

Une étude mandatée par Amnesty international France et Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) souligne le risque juridique lié à ces ventes d’armes. Ces transferts risquent d’être "illicite au regard des engagements internationaux de la France" et pourraient aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des industriels français exportant ce matériel, pour “homicide involontaire” et “complicité de crimes de guerre”.

"Si le président Macron est vraiment préoccupé par la crise humanitaire au Yémen, il devrait dire au prince héritier que la France cessera de vendre des armes aux EAU s'il y a un risque réel qu'elles soient utilisées de manière illégale", a renchéri Bénédicte Jeannerod, la directrice France de Human Rights Watch dans un communiqué diffusé mercredi.

Les demandes de création d’une commission parlementaire sur la livraison d’armes aux belligérants du conflit au Yémen n'ont pour l'instant pas eu de suite.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.