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A leur Congrès, les communistes affichent clairement leur soutien aux "gilets jaunes"

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Paris (AFP)

Jusqu'ici en retrait sur les "gilets jaunes", les communistes ont clairement soutenu le mouvement samedi lors de leur Congrès, le futur numéro un Fabien Roussel critiquant un gouvernement qui "joue le pourrissement".

Les quelque 800 délégués du Congrès réuni à Ivry-sur-Seine ont aussi voté une motion de soutien au "mouvement contre la vie chère et l'injustice sociale et fiscale", une formulation traduisant l'envie des communistes de faire basculer les revendications du côté gauche.

C'est pour l'instant La France insoumise qui à gauche s'est distinguée par son appel à soutenir les "gilets jaunes", samedi comme il l'avait fait pour la journée du 17 novembre. Le matin, François Ruffin battait le pavé des Champs-Elysées et occupait l'espace médiatique.

Le PCF, qui avait jusque-là refusait tout appel à la mobilisation, a visiblement décidé de passer la vitesse supérieure. Fabien Roussel, qui remplacera dimanche Pierre Laurent comme secrétaire national, a pris la parole à la tribune du Congrès, rompant la tranquille atmosphère présidant au patient examen du nouveau texte d'orientation stratégique.

"Le gouvernement porte une importante responsabilité", a attaqué le nouvel homme fort des communistes. "Alors que des violences ont eu lieu sur les Champs-Elysées, il joue le pourrissement et fait le choix de ne pas répondre à la légitime indignation populaire. La colère ne se déclare pas en préfecture!"

Fabien Roussel assure à l'AFP qu'il était prévu de longue date de voter une motion. En revanche, sa prise de parole était spontanée. "Comme c'est notre Congrès, on ne pouvait pas être là-bas mais on s'est dit +On a l'occasion d'être dans l'actualité+ !", raconte-t-il.

- "Piège" -

Le PCF, qui a pourtant besoin de visibilité depuis son absence à la présidentielle et à son score de moins de 3% aux législatives de 2017, marche sur des oeufs depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", en raison des appels et de la présence de l'extrême droite.

"C'est difficile d'avoir une vision globale", justifie auprès de l'AFP Guillaume Roubaud-Quashie, membre de l'exécutif du PCF et co-président ce week-end de la commission du texte d'orientation.

"La situation a changé, le mouvement dure et réveille des revendications dont nous sommes proches", ajoute-t-il. Fabien Guillaume-Bataille, secrétaire départemental de la fédération du Val-de-Marne, explique que le PCF voulait "éviter de tomber dans le piège tendu au mouvement par Macron et Le Pen", car "nous savions qu'il allait être manipulé (pour être) radicalisé".

"C'est en dehors de notre culture, mais c'est une brèche, parce qu'elle vise clairement les politiques libérales", a jugé une intervenante dans le débat ouvert à la tribune l'après-midi, preuve que le PCF s'est saisi en urgence de la situation.

Le patron des députés communistes André Chassaigne relativise sur la timidité de sa famille politique, auprès de l'AFP. "On n'a pas fait d'appel parce qu'on ne voulait pas verser dans la récupération. Mais moi par exemple je me suis rendu sur place dans ma circonscription". Il prend en exemple sa question au gouvernement sur la "conséquence de la hausse du prix des carburants", le 17 juillet à l'Assemblée nationale.

"Est-ce que nous devons rougir de ce que nous faisons, sur les salaires, le pouvoir d'achat ?", s'exclame lors du débat un autre intervenant. "Pourquoi devrions-nous courir derrière les gilets jaunes, au lieu que les gilets jaunes courent derrière nous ? J'ai bien peur que nous réagissions par passion".

Quelques minutes plus tard, la passion a quitté le Congrès aussi vite qu'elle était arrivée, lorsqu'Igor Zamichiei, l'autre co-président de la commission du texte, reprend les débats normaux du Congrès: "Amendement à faire passer, page 56 ligne 19..."

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