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Incident naval russo-ukrainien près de la Crimée : le film des événements

Pour barrer la route aux trois navires ukrainiens, les forces russes ont placé un énorme cargo sous le pont, sous contrôle russe, dans le détroit de Kertch, le 25 novembre 2018.
Pour barrer la route aux trois navires ukrainiens, les forces russes ont placé un énorme cargo sous le pont, sous contrôle russe, dans le détroit de Kertch, le 25 novembre 2018. Pavel Rebrov, Reuters

Les tensions entre Kiev et Moscou autour de la mer d'Azov ont connu une brusque flambée, dimanche, lorsque l'Ukraine a accusé la Russie d'avoir arraisonné trois de ses navires.

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Signe de la gravité de l’incident naval qui a eu lieu dimanche entre l’Ukraine et la Russie dans le détroit de Kertch – non loin de la Crimée, le Conseil de sécurité de l'ONU tient, lundi 26 novembre, une réunion d'urgence à la demande de Kiev et de Moscou. Le même jour, à Bruxelles, l'Otan convoque une réunion extraordinaire avec l'Ukraine. Par ailleurs, toujours lundi, le Parlement ukrainien se retrouve pour une session extraordinaire afin de décider ou non d'introduire la loi martiale "pour 60 jours", comme l’a proposé dimanche le président ukrainien, Petro Porochenko, en dénonçant un "acte fou de la Russie contre l'Ukraine".

Une zone stratégique, source de tensions.
Une zone stratégique, source de tensions. FRANCE 24

Une rapide flambée de tensions

Moins de cinq ans après l’annexion de la Crimée par la Russie, comment les tensions entre l'Ukraine et la Russie ont-elles connu une telle flambée en l’espace de quelques heures ?

Dimanche après-midi, la chaîne de télévision russe Rossiya 24 rapporte que la Russie empêche trois navires de la marine ukrainienne venant de la mer Noire de pénétrer en mer d'Azov, via le détroit de Kertch. Pour leur barrer la route, les forces russes ont placé un énorme cargo sous un pont sous contrôle russe.

Kiev, pour sa part, accuse Moscou d'avoir percuté un navire ukrainien et de bloquer l'accès à cette petite mer, située entre la Crimée et l'est de l'Ukraine. La situation se dégrade encore lorsque, dans la soirée, la marine ukrainienne accuse la Russie de s'être emparée de trois de ses navires, après leur avoir tiré dessus, blessant deux personnes à bord. Au moins deux avions russes Soukhoï-25 ont survolé le pont au moment de l'incident. La télévision nationale russe a parlé aussi d'hélicoptères de combat déployés sur les lieux.

Sur un total de 23 militaires à bord des navires ukrainiens, six ont été blessés dont deux grièvement, selon l'armée ukrainienne. Le FSB (les services de sécurité russes) évoque de son côté trois marins ukrainiens blessés et assure que leurs vies ne sont pas en danger.

Pour justifier l'arraisonnement et l"'usage d'armes", la Russie accuse les navires ukrainiens "de mener des actions illégales dans les eaux territoriales russes". Selon Moscou, les navires ont franchi illégalement la frontière russe et n’ont pas obtempéré aux ordres de s'arrêter. La marine ukrainienne assure, elle, avoir averti la Russie à l'avance de l'itinéraire de ses navires.

Une zone stratégique et un pont controversé

La rapide dégradation de la situation s’explique par des tensions antérieures dans cette zone stratégique. En théorie, un traité bilatéral accorde à la Russie comme à l'Ukraine le droit de navigation en mer d'Azov. Mais depuis que Moscou a annexé la Crimée en 2014 – une péninsule qui était jusqu’alors ukrainienne –, la tension a monté, les deux pays se plaignant de harcèlements de navires et de retards imposés à la navigation.

Incident naval russo-ukrainien près de la Crimée : comment en est-on arrivé là ?

Ainsi, la Russie revendique le contrôle des eaux au large de la Crimée. Et l’inauguration en mai dernier du pont de 18 km, qui enjambe le détroit de Kertch et relie ainsi le territoire russe à la Crimée (et la mer Noire à la mer d’Azov), a mis de l’huile sur le feu. Kiev accuse en effet Moscou d'entraver délibérément la navigation de ses navires alors que le détroit de Kertch est la seule voie maritime entre la mer Noire et la mer d'Azov.

Depuis dimanche, la communauté internationale tente de calmer le jeu : l'Union européenne a dit attendre de la Russie qu'elle rétablisse la liberté de navigation dans le détroit de Kertch et a appelé Moscou et Kiev à la plus grande retenue pour permettre une désescalade. Lundi, le président du Conseil européen Donald Tusk a condamné "l'usage de la force par la Russie en mer d'Azov", lui demandant de "s'abstenir de toute nouvelle provocation".

Kiev hausse le ton pour obtenir le soutien de la communauté internationale

Signe d’une volonté d’apaisement, la Russie a rouvert à la navigation le détroit de Kertch, a annoncé lundi l'agence de presse RIA, citant un responsable du port.

Alors que la crise en Crimée de 2014 est dans toutes les mémoires, la situation peut-elle dégénérer ? Difficile de connaître l'évolution de la situation, mais l’Ukraine n’a visiblement pas envie de céder le contrôle de la mer d’Azov à la Russie.

Or, comme le souligne le correspondant de France 24 à Kiev, Gulliver Cragg, la marine ukrainienne ne peut pas contrer militairement la marine russe. "L’Ukraine cherche donc à faire un maximum de bruit autour de l'incident pour attirer l’attention et obtenir le soutien de la communauté internationale", analyse-t-il.

La volonté du président ukrainien de recourir à la loi martiale tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’"une déclaration de guerre" à la Russie s’inscrirait dans cette optique. D’ailleurs, rapporte notre correspondant, des députés ukrainiens ont déjà exprimé leurs doutes sur l’opportunité de recourir à la loi martiale pour un incident très localisé.

Avec AFP et Reuters

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