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Après dix jours de mobilisation, les "Gilets jaunes" attendent Macron au tournant

Des "Gilets jaunes" bloquent le péage autauroutier du Bignon, près de Nantes, le 24 novembre 2018.
Des "Gilets jaunes" bloquent le péage autauroutier du Bignon, près de Nantes, le 24 novembre 2018. Stéphane Mahe, Reuters

Retour sur les dix jours de mobilisation des "Gilets jaunes", qui protestent notamment contre la hausse des prix du carburant. Emmanuel Macron doit présenter mardi sa stratégie pour parvenir à une transition écologique "acceptable".

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Après dix jours de mobilisation pour dénoncer la baisse du pouvoir d'achat en France, les "Gilets jaunes" attendent des mesures fortes, mardi 27 novembre, de la part du président français Emmanuel Macron, qui ne semble pas vouloir changer de cap pour le moment.

  • Que veulent les "Gilets jaunes" ?

Au départ, la colère de ces manifestants, ainsi baptisés en référence aux vestes fluorescentes obligatoires pour tout automobiliste français en cas d'accident, était focalisée sur la hausse des taxes sur les carburants, dont une nouvelle salve doit intervenir le 1er janvier.

Mais au fil des manifestations, les revendications du mouvement – qui s'organise sur les réseaux sociaux et qui se veut apolitique, asyndical et sans leader – ont muté.

>> À Voir : que dit le mouvement "Gilets jaunes" de la France ?

Au-delà d'une baisse des taxes sur l'essence et le diesel, les demandes sont assez hétéroclites : certains réclament le rétablissement d'un impôt sur les plus grandes fortunes, d'autres des mesures pour le pouvoir d'achat des plus modestes, et les plus radicaux d'entre eux appellent à la dissolution de l'Assemblée nationale, voire à la démission d'Emmanuel Macron.

  • Quelle est l'ampleur de la mobilisation ?

La première journée de protestation des "Gilets jaunes", le 17 novembre, a réuni près de 300 000 manifestants dans toute la France sous diverses formes d'actions, principalement des blocages routiers.

Tout au long de la semaine, quelques milliers de manifestants ont poursuivi les actions et notamment des blocages sporadiques de dépôts pétroliers.

Mais le véritable acte 2 a eu lieu samedi 24 novembre, quand plus de 100 000  manifestants ont repris leurs actions, dont 8 000 à Paris.

>> À lire : "L'apolitisme des 'Gilets jaunes' est leur force et leur faiblesse"

C'est dans la capitale que l'attention s'est focalisée, avec des incidents entre manifestants et forces de l'ordre sur la célèbre artère des Champs-Élysées.

Cent-trois personnes ont été interpellées et 47 avaient déjà été présentées à la justice lundi.

  • Que va annoncer Emmanuel Macron ?

Face à ce mouvement de grogne soutenu par environ 70 % des Français, selon plusieurs sondages, Emmanuel Macron n'a pas l'intention d'annoncer un changement de cap.

Pas question donc de revenir sur la "transition écologique", ces mesures pour encourager les Français à adopter des modes de vie et de transport moins polluants. La présidence devrait d'ailleurs confirmer la hausse des taxes sur les carburants prévue le 1er janvier.

Emmanuel Macron devrait néanmoins annoncer de nouvelles mesures d'aides ainsi qu'un "pacte social" pour que "la transition soit la plus juste possible".

Les premières mesures annoncées au début du mouvement – élargissement d'une subvention pour payer les dépenses énergétiques des ménages les plus modestes, mise en place d'une prime pour acheter une chaudière moins polluante... – n'avaient pas suffi à satisfaire les revendications.

  • Le mouvement peut-il durer ?

Avec une mobilisation en baisse, la question d'un essoufflement du mouvement se pose. "On est face à un mouvement qui est assez innovant, sans point de comparaison. Mais l'absence de structuration entraîne un manque d'organisation, personne ne fixe réellement un cap", souligne auprès de l'AFP Jérôme Sainte-Marie, le président de l'institut de sondage PollingVox.

Pour éviter cette désorganisation, une "délégation" de huit "communicants officiels" a été créée afin de porter une série de revendications. Les "Gilets jaunes" qui veulent être reçus par des représentants de l'État demandent principalement de "revoir à la baisse toutes les taxes", et la création d'une "assemblée citoyenne".

>> À lire : le gilet jaune, symbole d’une “situation d’urgence sociale”

"Le mouvement peut très bien disparaître par usure naturelle. Si samedi prochain il n'y a que 50 000 personnes, ça sera terminé", prédit Jérôme Sainte-Marie. "Mais ce qui a fait naître le mouvement – l'insatisfaction et la colère par rapport à la politique du gouvernement – ne va pas disparaître de sitôt", conclut-il.

Avec AFP

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