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Les Restos du cœur s'inquiètent du nombre croissant de jeunes bénéficiaires

Paquets de riz devant une affiche de Coluche pour les Restos du Coeur
Paquets de riz devant une affiche de Coluche pour les Restos du Coeur Charles Platiau, Reuters

Les Restos du cœur lancent leur 34e campagne d'hiver. L'association va distribuer de la nourriture à des centaines de milliers de personnes. L'inquiétude grandit sur le nombre de jeunes bénéficiaires et les menaces sur l'aide alimentaire.

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Pour les Restos du cœur, le constat est alarmant : les bénéficiaires de l'aide apportée par l'association sont de plus en plus jeunes. En 2017, la moitié d'entre eux avaient moins de 25 ans et 38% étaient mineurs selon l'association.

Mardi 27 novembre, l'association lance sa 34e campagne d'hiver. À sa création en 1985 sur une idée de Coluche, les Restos du cœur avait accueilli 70 000 personnes. Un chiffre qui a explosé avec les années. L'hiver 2017, 130 millions de repas ont été distribués à 860 000 bénéficiaires.

"Les inscriptions sont en cours, mais on s'attend à en recevoir autant cette année, voire même un peu plus, peut-être 900 000", explique le président de l'association, Patrice Blanc. "L'accueil est inconditionnel" dans les 2 000 centres en France, rappelle-t-il.

Mères seules, retraités en difficulté, étudiants précaires, étrangers sans ressources... "Toute personne, quelle que soit sa situation administrative peut frapper à la porte des Restos. Les gens ne doivent avoir aucune honte, aucune crainte."

Pour recevoir l'aide alimentaire tout l'hiver, il faut toutefois justifier de ses ressources et de ses dépenses.

Indépendamment des repas, les Restos aident aussi à l'hébergement et au logement, offrent des cours de français, de l'accompagnement aux devoirs ou à la recherche d'emploi.

Les bénéficiaires sont de plus en plus jeunes : l'hiver dernier, 38 % étaient mineurs et 50 % avaient moins de 25 ans. "Ça représente une augmentation de 10 à 15 % par rapport à il y a deux ans", détaille Patrice Blanc. "Ce phénomène est inquiétant et montre bien les problèmes rencontrés par les familles monoparentales: la situation des mères célibataires avec enfants est extrêmement difficile".

>> À lire : En France, les jeunes et les familles monoparentales sont les plus touchés par la pauvreté

Le président de l'association s'alarme également de la "mauvaise prise en charge des mineurs isolés" étrangers, qui doivent normalement être accompagnés par les services d'aide sociale à l'enfance. Mais certains départements sont débordés : "L'équipe des Restos de Marseille m'a raconté la semaine dernière que leurs signalements tombaient dans le vide".

L'aide alimentaire "menacée"

Face à l'ampleur des besoins, les Restos cherchent toujours de nouvelles sources d'approvisionnement.

L'an dernier, les dons de nourriture engrangés auprès du public, auprès des entreprises et des producteurs agricoles ont représenté 35 % des 105 millions de tonnes de denrées alimentaires distribuées.

Depuis 2016, la loi Garot contre le gaspillage alimentaire oblige les supermarchés de plus de 400m² à donner leurs invendus à des associations.

"Globalement la qualité des dons suit, mais certains gérants ne jouent pas le jeu. Notre rôle n'est pas de faire le tri d'aliments pour les jeter à la poubelle", rappelle Patrice Blanc, en soulignant que la grande distribution bénéficie de déductions fiscales sur ses dons.

La loi agriculture et alimentation votée en novembre étend la lutte contre le gaspillage à la restauration collective. Mais les Restos en attendent des résultats "très modestes" : "il y a évidemment des problèmes d'hygiène qui se posent".

L'association s'inquiète en revanche de l'avenir d'un autre pilier de son fonctionnement : le Fonds européen aux plus démunis (FEAD), qui finance 1 repas distribué sur 4.

Son budget est actuellement en pleine renégociation pour la période 2021-2025. "Les premières indications sont catastrophiques puisqu'on envisage de diviser l'enveloppe par deux au niveau européen", avertit M. Blanc.

"C'est une vraie menace pour l'aide alimentaire, on n'arrivera pas à compenser" en cas de victoire de ce scénario à Bruxelles, selon lui. "C'est vrai pour nous comme pour les autres" bénéficiaires : le Secours populaire, la Croix-Rouge et la Fédération française des banques alimentaires.

Les Restos comptent enfin sur la générosité publique : le montant des dons financiers a atteint 90 millions d'euros en 2017-2018, soit presque la moitié des ressources de l'association. A eux seuls, le traditionnel concert des Enfoirés et ses ventes de CD et DVD ont permis de récolter 18 millions d'euros.

Avec AFP

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