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"Une bible des femmes" pour une lecture féministe des textes sacrés

Élisabeth Parmentier (à gauche) et Lauriane Savoy, deux des auteures d'"Une bible des femmes", posent avec un exemplaire du livre, le 20 novembre 2018 à Genève.
Élisabeth Parmentier (à gauche) et Lauriane Savoy, deux des auteures d'"Une bible des femmes", posent avec un exemplaire du livre, le 20 novembre 2018 à Genève. Fabrice Coffrini, AFP

Lassées de voir la Bible utilisée pour légitimer une "soumission des femmes", une vingtaine de théologiennes protestantes et catholiques se revendiquant également féministes se sont réunies pour publier "Une bible des femmes".

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Incompatibles, la Bible et le féminisme ? Pas pour une vingtaine de théologiennes protestantes et catholiques qui, lassées de voir les Évangiles utilisés pour légitimer une "soumission des femmes", ont publié "Une bible des femmes" aux éditions Labor et Fides.

Le projet a été lancé à Genève par Élisabeth Parmentier et Lauriane Savoy, deux enseignantes de la faculté de théologie fondée il y a plus de quatre siècles (1559) par Jean Calvin, le père du protestantisme francophone.

"On a constaté autour de nous qu'il y avait énormément de méconnaissance des textes bibliques, beaucoup de gens qui ne les connaissent plus, ou bien qui pensent qu'ils sont complètement périmés et (...) plus du tout en adéquation avec les valeurs actuelles d'égalité, etc.", a expliqué à l'AFP Lauriane Savoy, 33 ans.

L'idée a donc été, poursuit-elle, de "montrer que les valeurs féministes et la lecture de la Bible ne sont pas incompatibles".

Vite rejointes par la théologienne catholique canadienne Pierrette Daviau, les deux protestantes genevoises ont réuni autour d'elles un panel de consœurs venues de différents horizons à la fois géographiques, religieux et générationnels.

"Diversité des femmes"

"On a voulu travailler de manière œcuménique, on est des catholiques, des protestantes de différentes familles du protestantisme et venant de différents pays francophones, avec vraiment l'idée de représenter la diversité des femmes", a souligné Élisabeth Parmentier, 57 ans.

Publiée il y a quelques semaines, "Une bible des femmes" se veut également un hommage à un ouvrage au titre similaire : la "Woman's Bible", parue en 1898 sous la direction de la suffragette américaine Elizabeth Cady Stanton qui, déjà, s'indignait des interprétations masculines de la Bible.

"Nos chapitres scrutent des errances de la tradition chrétienne, des occultations, des traductions tendancieuses, des interprétations partiales, des relents du patriarcat qui ont pu mener à nombre de restrictions, voire d'interdits pour les femmes", expliquent les auteures en introduction de l'ouvrage.

Marie-Madeleine, personnage fondamental

"Dans un passage de l'Évangile selon Saint Luc, qui met en scène Marthe et Marie (deux sœurs qui reçoivent la visite de Jésus)", détaille par exemple Mme Parmentier, "il est écrit que Marthe assure le 'service', on a donc dit que Marthe servait le repas alors que le terme grec 'diakonia' peut également avoir d'autres sens, par exemple signifier qu'elle était peut-être diacre".

Autre exemple de lecture féministe avec Marie-Madeleine ou Marie de Magdala. "C'est le personnage féminin qui revient le plus dans les Évangiles", rappelle Lauriane Savoy. "Elle reste avec Jésus, y compris lorsqu'il va mourir sur la croix alors que tous les disciples hommes ont eu peur, c'est elle qui va au tombeau en premier et découvre la résurrection (...), c'est un personnage fondamental alors qu'on l'a pourtant décrite comme une prostituée qui était aux pieds de Jésus, peut-être même l'amante de Jésus dans des fictions récentes", constate Lauriane Savoy.

"Questions d'aujourd'hui"

Les théologiennes abordent ainsi la Bible à travers différentes thématiques : le corps, la séduction, la maternité, la subordination... Le livre s'achève en donnant la parole à Marie, la mère de Jésus.

Et à l'heure où le mouvement #MeToo a redonné vigueur au combat féministe, "chaque chapitre prend appui sur des questions existentielles des femmes, des questions qui se posent aujourd'hui", souligne encore Mme Parmentier.

"Par rapport à celles qui disent que l'on doit jeter la Bible si l'on est féministe, nous, notre pari, c'est justement qu'il ne faut pas", insiste Mme Parmentier.

Avec AFP

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