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Salomé Zourabichvili, candidate du parti au pouvoir, élue présidente de Géorgie

Salomé Zourabichvili, la candidate du parti au pouvoir, s'exprime après les résultats le 28 novembre 2018.
Salomé Zourabichvili, la candidate du parti au pouvoir, s'exprime après les résultats le 28 novembre 2018. David Mdzinarishvili, Reuters

L'ex-ambassadrice de France Salomé Zourabichvili, candidate du parti au pouvoir, est élue présidente de Géorgie avec 59,5 % des voix. Même si ce poste est essentiellement symbolique, ce scrutin a valeur de test en vue des législatives.

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L'ex-ambassadrice française Salomé Zourabichvili, soutenue par le parti au pouvoir en Géorgie, est arrivée largement en tête au le deuxième tour de la présidentielle, mercredi 28 octobre. L'ancienne diplomate recueille 59,52 % des voix contre 40,48 % pour le candidat de l'opposition, Grigol Vachadzé, indiquent les résultats définitifs annoncés par la Commission électorale centrale.

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Sa victoire est toutefois contestée par l’opposition. Aussitôt après la publication des sondages sortie des urnes, l'ex-président aujourd'hui en exil, Mikheïl Saakachvili, a dénoncé "une fraude électorale massive", dans un communiqué diffusé par la chaîne de télévision Rustavi-2 TV. "Je demande aux Géorgiens de défendre notre liberté, la démocratie et la loi. Je vous demande d'organiser des rassemblements pacifiques pour exiger des élections législatives anticipées", a-t-il ajouté.

Signe des tensions autour du scrutin, l'opposition a accusé le gouvernement d'intimider des électeurs et affirmé que des militants du Rêve géorgien avaient agressé des membres du parti d’opposition. Trois ONG géorgiennes, dont la branche locale de Transparency International, ont affirmé la semaine dernière avoir la preuve que le gouvernement avait imprimé de fausses cartes d'identité pour truquer le second tour en faveur de Salomé Zourabichvili. Celle-ci a affirmé de son côté qu'elle et ses enfants avaient reçu des menaces de mort.

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a adressé à Salomé Zourabichvili dans la nuit "ses plus sincères félicitations". "La nouvelle présidente pourra compter sur notre détermination à continuer à agir en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues", précise le communiqué.

Bidzina Ivanichvili, le véritable dirigeant du pays

Il s'agit du dernier scrutin présidentiel au suffrage direct dans cette ancienne république soviétique du Caucase, avant de passer à un régime parlementaire. Même si le poste de président est devenu essentiellement symbolique après ces changements constitutionnels, le vote était un test pour le parti au pouvoir. L'élection préfigure en effet la confrontation à venir lors des législatives de 2020 entre le parti Rêve géorgien, qui a pris les rênes du pays en 2012, et le Mouvement national uni fondé par Mikheïl Saakachvili.

Au premier tour le 28 octobre, Salomé Zourabichvili avait échoué à remporter plus de 50 % des voix au premier tour, un score perçu comme un désaveu pour le Rêve géorgien fondé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili. Ce dernier, l'homme le plus riche du pays, s'est officiellement retiré de la vie politique en 2013 après un an comme chef de gouvernement, mais reste considéré comme le véritable dirigeant du pays.

Diplomate de carrière et ministre des Affaires étrangères de Mikhaïl Saakachvili de 2008 à 2012, Grigol Vachadzé a critiqué "le régime oligarchique" mis en place par l'ancien Premier ministre Bidzina Ivanichvili, du Rêve géorgien, alors que le gouvernement échoue à réduire la pauvreté.

Sur le fond, les deux candidats se rejoignent sur plusieurs points : tous deux militent notamment pour un rapprochement avec l'Union européenne et l’Otan. "Mais leur passé comme ministres des Affaires étrangères montre que Vachadzé est plus associé à Washington, alors que l'ancienne ambassadrice française Zourabichvili est clairement orientée en faveur de l'UE", note l’analyste Géla Vassadzé.

Les deux candidats se distinguent aussi sensiblement sur les relations avec Moscou. "Le Rêve géorgien adopte un ton plus modéré dans ses relations avec Moscou, quand le MNU est traditionnellement un critique plus franc" de Vladimir Poutine, explique l'analyste Gia Nodia.

Avec AFP

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