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FRANCE

Affaire Adama Traoré : les gendarmes mis en cause évitent la mise en examen

Marche de soutien à la famille d'Adama Traoré, le 5 novembre 2016, à Paris. (Archive)
Marche de soutien à la famille d'Adama Traoré, le 5 novembre 2016, à Paris. (Archive) Christophe Archambault, AFP
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Les gendarmes qui avaient interpellé Adama Traoré juste avant sa mort en 2016 ont été placés mercredi sous le statut de témoins assistés. La famille de la victime, qui réclamait une mise en examen, continue de croire à une interpellation violente.

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Plus de deux ans après la mort d'Adama Traoré, les trois gendarmes qui l'avaient interpellé ont été placés mercredi 28 novembre sous le statut de témoin assisté par la juge d'instruction. Ils évitent ainsi une mise en examen réclamée par la famille du jeune homme.

Le statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de témoin et de mis en examen, signifie qu'il ne leur est pas reproché directement d'avoir commis une infraction. Ils bénéficient de ce statut "en l'absence d'indices graves et concordants" pour le délit de "non-assistance à personne en péril", ont indiqué mercredi leurs avocats Rodolphe Bosselut, Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik dans un communiqué.

Les auditions des gendarmes, mardi et mercredi, étaient très attendues par la famille d'Adama Traoré qui réclame depuis deux ans des poursuites. Une expertise médicale de synthèse à décharge pour les gendarmes a été remise le 14 septembre à la juge. Elle conclut que son "pronostic vital (était) engagé de façon irréversible" avant son arrestation, en raison de l'évolution d'une maladie.

Versions contradictoires

Le décès d'Adama Traoré, 24 ans, avait été constaté près de deux heures après son arrestation à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), le 19 juillet 2016. Interpellé après une course-poursuite, il avait été maintenu au sol sous le poids des gendarmes. Il avait eu un malaise dans leur véhicule avant de décéder dans la cour de la gendarmerie de la commune voisine de Persan.

"Le dossier établit qu'ils ont déclenché les secours avec célérité et diligence et qu'ils ont porté assistance à M. Traoré", soutiennent les avocats des gendarmes. "De façon plus générale, l'hypothèse des violences volontaires ayant entraîné la mort de M. Traoré sans intention de la donner est écartée", ont-ils ajouté.

"L'affirmation selon laquelle les gendarmes ont été mis hors de cause pour les faits de violences est fausse", a réagi la famille du jeune homme dans un communiqué, assurant que "les juges d'instruction n'ont pas écarté" cette hypothèse "dans la mesure où l'interrogatoire des gendarmes portait uniquement sur les faits de non-assistance à personne en péril".

"Fantasmes et surenchère"

Depuis le début de l'affaire qui avait provoqué cinq nuits de violences dans ce département au nord de Paris, les proches d'Adama Traoré ont toujours dénoncé une interpellation violente, accusant aussi les gendarmes de ne pas avoir porté secours au jeune homme, laissé menotté jusqu'à l'arrivée des pompiers.

Un des pompiers appelés sur les lieux a déclaré aux enquêteurs que le jeune homme n'avait pas été placé en position latérale de sécurité, mais était face contre terre, menotté. Il "simulait" un malaise, lui aurait assuré un gendarme. Mais ce témoignage a été contredit par deux autres pompiers qui ont affirmé qu'il était en position latérale de sécurité, selon une source proche du dossier.

"À aucun moment" les gendarmes "n'(ont) eu connaissance d'un quelconque péril létal menaçant M. Traoré en cours ou après l'interpellation", souligne leur défense. Ils "espèrent (...) que la réalité des événements, telle qu'analysée par les experts puis par les juges fera cesser fantasmes et surenchère quant aux conditions du décès d'Adama Traoré dont ils ne sont nullement responsables (...)", ont commenté leurs avocats.

Avec AFP

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