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L'Algérie pourrait disputer à l'Afrique de l'Est le statut de "berceau de l'humanité"

À Sétif, des archéologues ont découvert des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d'années.
À Sétif, des archéologues ont découvert des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d'années. Mohamed Sahnouni / AFP

Des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d'années ont été mis au jour en Algérie. Cette découverte remet en cause le statut d'unique berceau de l'humanité de l’Afrique de l’Est, où des outils datent de 2,6 millions d'années.

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Des archéologues ont découvert en Algérie des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d'années, bien plus anciens que ceux trouvés dans cette région jusqu'à présent, ce qui pourrait remettre en cause l'Afrique de l'Est comme berceau unique de l'humanité, selon des travaux publiés jeudi dans la prestigieuse revue Science.

Les galets en calcaire et en silex taillés ont été découverts près Sétif, à 300 km à l'est d'Alger, par une équipe de chercheurs internationaux, originaires d'Algérie, d'Espagne, d'Australie et de France. Les outils ressemblaient exactement à ceux dits Oldowan, trouvés jusqu'alors principalement en Afrique de l'Est.

>> À lire : "Comment l'archéologie participative va tous nous transformer en Indiana Jones"

Sur le site d'Aïn Boucherit, dans le complexe archéologique d'Aïn Lahneche, les chercheurs ont aussi déterré des dizaines d'ossements animaux fossilisés, présentant ce qui ressemble à des marques d'outils - de véritables outils de boucherie préhistoriques. Ces ossements proviennent d'ancêtres de crocodiles, d'éléphants, d'hippopotames ou encore de girafes.

Depuis des décennies, l'Afrique de l'Est est considérée comme le berceau de l'humanité. On y a trouvé les outils les plus anciens, datant de 2,6 millions d'années. La découverte faite à Aïn Boucherit, annoncée jeudi, rivalise désormais avec cette période.

Deuxième site le plus ancien du monde

Cela pourrait signifier que les techniques d'outils sont rapidement sorties d'Afrique de l'Est. Autre hypothèse avancée par les chercheurs : "Un scénario d'origines multiples des anciens hominidés et des technologies lithiques, à la fois en Afrique de l'Est et du Nord".

"Le site d'Aïn Lahneche est le deuxième plus ancien au monde après celui de Kouna en Éthiopie, qui remonte à 2,6 millions d'années, considéré comme le berceau de l'humanité", explique à l'AFP le professeur Mohamed Sahnouni, qui a dirigé l'équipe de recherche et travaille depuis des années sur ce site.

Les découvertes ont été faites sur deux couches archéologiques, l'une datée de 2,4 millions d'années et la seconde de 1,9 millions d'années.

Aucun reste humain

Les ancêtres de l'homme étaient donc présents en Afrique du Nord au moins 600 000 ans plus tôt que ce que les scientifiques croyaient jusqu'à maintenant. Auparavant, les plus vieux outils d'Afrique du Nord dataient de 1,8 million d'années, sur un site proche.

Aucun reste humain n'a été découvert : on ignore donc quelle espèce d'hominidés, quel ancien cousin d'Homo Sapiens (apparu lui bien plus tard), utilisait ces outils.

La découverte ouvre la perspective de trouver "plus de matériaux archéologiques en Afrique du Nord et dans le Sahara", écrivent les chercheurs dans leur article, validé scientifiquement par un comité de lecture.

Avec AFP

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