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Un train sud-coréen passe au Nord, une reconnexion ferroviaire à l'étude

Le train est parti de la gare de Dorosan vendredi 30 novembre.
Le train est parti de la gare de Dorosan vendredi 30 novembre. Jeon Heon-kyun, AFP

Un train transportant des ingénieurs et des responsables sud-coréens a passé la frontière avec la Corée du Nord vendredi. Ils doivent étudier la possibilité d'une reconnexion des deux réseaux ferroviaires à la suite de la détente dans la péninsule.

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C'est une première depuis 2007 dans la péninsule coréenne. Un train transportant des ingénieurs et des responsables sud-coréens a entamé vendredi 30 novembre un voyage exceptionnel au Nord pour des études préalables en vue de la possible reconnexion des réseaux ferrés des deux pays.

Travailler à une reprise de ces liaisons entre le nord et le sud de la péninsule était un des objectifs annoncés par le président sud-coréen, Moon Jae-in, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, à l'issue de leur premier sommet qui avait confirmé en avril l'exceptionnelle détente sur la péninsule.

Relier les deux réseaux et moderniser les vétustes chemins de fer nord-coréens constituerait un changement majeur pour la péninsule, où les communications civiles directes – y compris par voie postale – sont rigoureusement proscrites depuis la division scellée par l'armistice de 1953.

Des images de télévision ont montré un train rouge, blanc et bleu quittant la gare sud-coréenne de Dorasan, située dans l'ouest de la péninsule, à proximité immédiate de la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées.

"La reconnexion des réseaux ferrés signale le début d'une ère de coprospérité entre le Nord et le Sud", a déclaré la ministre sud-coréenne des Transports, Kim Hyun-mee.

Elle a ajouté que cette reconnexion permettrait aussi d'étendre les horizons économiques de la Corée du Sud, qui est isolée du reste du monde sur le plan terrestre depuis la guerre de Corée (1950-1953) et pourrait trouver pour ses exportations une nouvelle voie vers les marchés chinois, russes et, au-delà, européens.

Une fois rendu dans la gare de Panmun, terminal ferroviaire nord-coréen de l'autre côté de la DMZ, les six wagons seront accrochés à un train nord-coréen et la locomotive sud-coréenne retournera au Sud. Les Sud-Coréens et leurs homologues du Nord entameront alors un périple de 18 jours sur 2 600 km pour inspecter deux lignes.

D'une part, celle reliant la ville de Kaesong à celle de Shinuiju à la frontière chinoise, via Pyongyang, qui avait été construite par le Japon au début du XXe siècle, bien avant la division de la péninsule en 1948. Et de l'autre, celle qui relie la région du mont Kumgang, proche de la limite orientale de la DMZ, au fleuve Tumen, à la frontière russe.

Le projet de reconnexion ferroviaire a été retardé par les inquiétudes sur sa conformité avec les sanctions internationales qui visent toujours Pyongyang, mais le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé la semaine dernière d'une exemption pour permettre que soit menée l'étude conjointe qui a débuté vendredi. On ignore encore à ce stade si le Conseil accompagnera de la sorte les autres étapes de l'évolution de ce projet.

Séoul a affirmé que cette première mission ne visait qu'à rassembler des informations sur l'état du réseau ferré nord-coréen et assuré que d'éventuels travaux de restauration n'interviendraient qu'avec le feu vert des Nations unies.

Avec AFP

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