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"Gilets jaunes" : la concertation à Matignon tourne court

Jason Herbert a indiqué s'être présenté à la réunion à Matignon par simple "courtoisie".
Jason Herbert a indiqué s'être présenté à la réunion à Matignon par simple "courtoisie". Philippe Lopez, AFP

Seuls deux "Gilets jaunes" se sont présentés vendredi à la réunion de concertation avec le Premier ministre, Édouard Philippe. L’un d’eux a cependant rapidement quitté l’entretien, regrettant que la rencontre ne soit pas filmée.

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Un des deux "Gilets jaunes" reçus vendredi 30 novembre à Matignon par Édouard Philippe, a immédiatement quitté l'entretien. Il proteste contre le refus du Premier ministre que la discussion soit filmée et retransmise en direct à la télévision.

Selon l'envoyé spécial de France 24, Karim Hakiki, Jason Herbert a précisé à de nombreuses reprises qu'il s'était présenté à cette réunion "en son nom propre" car il n'avait pas de mandat pour représenter le mouvement dans son ensemble. Il a par ailleurs expliqué qu'"il n'attendait rien de cette réunion" et qu'il venait "par courtoisie".

Le jeune homme était arrivé à Matignon vers 14 h 30, une demi-heure après l'horaire prévu, dans une cour restée longtemps vide du moindre "Gilet jaune". Depuis l'annonce du rendez-vous jeudi matin, le cabinet d'Édouard Philippe n'a jamais été en mesure de dire qui et combien de personnes seraient reçues.

"Je souhaitais et j'ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé", a déclaré à la presse Jason Herbert, l'un des huit représentants désignés mais contestés. "Je souhaitais que les 65 millions de Français, peut-être un peu plus, puissent entendre les discussions (...), j’ai simplement par courtoisie laissé le Premier ministre et le ministre de l’Écologie se présenter, je me suis présenté aussi à mon tour et je les ai informés ne pas souhaiter poursuivre la discussion parce qu’il n’était pas possible de filmer l’entretien", a justifié le Charentais de 26 ans.

"La séquence est révélatrice de la difficulté des responsables politiques et des citoyens qui ne veulent pas céder leur parole [à des représentants]", explique Claude Poissennot, enseignant-chercheur à l'IUT Nancy-Charlemagne et au Centre de recherches sur les médiations (CREM), sur l'antenne de France 24. "Il n'y a plus d'intermédiaire entre le citoyen et le politique, ce qui met ce dernier dans une situation inconfortable."

"La porte de Matignon restera toujours ouverte"

Édouard Philippe a tout de même pu s’entretenir avec un second "Gilet jaune". Ce dernier a souhaité rester anonyme, arrivant et repartant par une porte dérobée.

Le Premier ministre a jugé cette discussion, qui a duré plus d'une heure, "utile" et "intéressante". "Cet échange a eu lieu, avec moins de représentants que j'espérais, mais il a eu lieu et je pense que c'était important qu'il ait lieu", a-t-il ajouté, à la veille de la troisième journée de manifestation nationale du mouvement qui dénonce notamment l'injustice fiscale.

"La porte de Matignon restera toujours ouverte. Si les 'Gilets jaunes' souhaitent désigner des représentants, nous pourrons continuer ce dialogue. J'espère qu'il pourra continuer à se tenir", a-t-il poursuivi.

Avec AFP et Reuters

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