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Lafarge en Syrie : des femmes yazidies se portent parties civiles

Le cimentier Lafarge a été mis en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "financement d'une entreprise terroriste".
Le cimentier Lafarge a été mis en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "financement d'une entreprise terroriste". AFP (archives)

Plusieurs femmes yazidies ont décidé de se constituer parties civiles dans l'enquête française sur les soupçons de financement du terrorisme visant le cimentier Lafarge, ont annoncé vendredi leurs avocats dans un communiqué commun.

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La minorité yazidie, kurdophone et adepte d'une religion pré-islamique, a été l'une des plus persécutées par le groupe État islamique en Syrie et en Irak. Des milliers de femmes ont notamment été réduites au rang d'esclaves sexuelles par les jihadistes. Plusieurs d'entre elles ont décidé de se constituer parties civiles dans l'enquête française sur les soupçons de financement du terrorisme visant le cimentier Lafarge.

Leurs trois conseils, Amal Clooney, Ben Emmerson QC et Rachel Lindon, ont annoncé la nouvelle vendredi 30 novembre dans un communiqué. Ils ont indiqué qu'ils "veilleront à ce que les survivants yazidis soient pleinement impliqués dans la procédure judiciaire contre Lafarge et ses dirigeants, que les crimes commis à leur encontre soient caractérisés et reconnus par les tribunaux, et que les victimes obtiennent réparation de manière appropriée".

"Complicité de crimes contre l'humanité"

En juin dernier, l'entreprise Lafarge SA a été mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "financement d'une entreprise terroriste", des qualifications rarissimes dans le monde des affaires.

Le cimentier est soupçonné d'avoir versé entre 2011 et 2015, via sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS), près de 13 millions d'euros, notamment à des groupes armés dont l'organisation État islamique, pour maintenir l'activité de son usine de Jalabiya dans le nord de la Syrie, alors que le pays s'enfonçait dans la guerre. Huit anciens cadres ou dirigeants, dont l'ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont, ont été mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste" et/ou "mise en danger de la vie" d'anciens salariés du site dans cette information judiciaire ouverte en juin 2017 après une plainte de deux ONG et de Bercy.

"Dans cette instruction ouverte en France, il est important que les victimes d'infractions commises par l'État islamique, dont Lafarge serait le complice, soient parties à la procédure", a estimé Rachel Lindon, citée dans le communiqué.

"Cette affaire est la première dans laquelle une multinationale est mise en examen pour complicité dans les crimes internationaux commis par l'État islamique", a pour sa part observé Amal Clooney.

"C'est l'occasion d'établir que l'État islamique, et tous ceux qui l'ont aidé, seront tenus responsables de leurs crimes, et que les victimes se verront accorder une juste compensation. Cela envoie également le message important, aux entreprises complices de la perpétration de crimes internationaux, qu'elles devront se confronter aux conséquences légales de leurs actes", a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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