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La visite du prince héritier saoudien MBS en Algérie suscite la polémique

Le prince héritier Mohamed Ben Salmane, à Buenos Aires, le 30 novembre 2018.
Le prince héritier Mohamed Ben Salmane, à Buenos Aires, le 30 novembre 2018. Andres Martinez Cesares, Reuters

Plusieurs intellectuels et politiques algériens ont critiqué la visite à Alger du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane attendu dimanche. Ils dénoncent "l'ordonnateur d'un crime abominable contre le journaliste Jamal Khashoggi".

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est attendu, dimanche 2 décembre, à Alger pour une visite de deux jours qui suscite la réprobation dans des milieux intellectuels et politiques.

"La visite doit donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et aux projets de partenariat économique et commercial", a indiqué la présidence algérienne dans un communiqué, précisant que le prince héritier sera à la tête d'une importante délégation.

Cette visite se déroule dans le cadre de la première tournée de Mohammed ben Salmane à l'étranger depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique de Riyad qui s'était exilé aux États-Unis.

>> À lire : l’embarrassante présence de MBS au sommet du G20 en Argentine

"Les Algériens ne peuvent souhaiter la bienvenue au prince héritier saoudien", a indiqué à la presse Abderrazak Makri, président du parti islamiste Mouvement de la société pour la paix (MSP). "Il est responsable de la mort d'un nombre important d'enfants et de civils au Yémen, du journaliste Jamal Khashoggi comme il a jeté en prison des citoyens saoudiens qui n'ont commis aucun crime", a-t-il ajouté.

"Politique rétrograde"

L’assassinat de Jamal Khashoggi, perpétré le 2 octobre dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, a ébranlé la position à l'international du prince, accusé par des responsables turcs et américains de l'avoir commandité. Les autorités saoudiennes ont reconnu que le journaliste saoudien critique de Riyad avait été tué dans le consulat mais démentent toute implication du prince dans le meurtre.

Dans une déclaration obtenue par l'AFP, 17 intellectuels, journalistes et oulémas dont les écrivains Kamel Daoud et Rachid Boudjera ont aussi dénoncé la visite du prince "dont le monde entier sait qu'il a été l'ordonnateur d'un crime abominable contre le journaliste Jamal Khashoggi", ont-ils écrit.

En l'accueillant, "l'Algérie officielle ne risque-t-elle pas d'accorder une prime d'encouragement à la politique rétrograde de cette monarchie, exportatrice non seulement du pétrole, mais aussi de l’intégrisme wahhabite qui se dégrade rapidement en intégrisme violent ?", ont prévenu les signataires.

Une pétition contre la venue du prince héritier a été signée par près de 2 500 personnes. " Non à la visite de MBS, au pays des 1,5 millions de martyrs. Simplement parce que les circonstances ne s'y prêtent pas. L'objectif de ce voyage est de s'innocenter de graves faits dont les guerres...", affirme le texte.

Avant de se rendre mercredi à Buenos Aires pour le sommet du G20, Mohammed ben Salmane s'était rendu aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, en Égypte et en Tunisie. Sa visite à Tunis a été marquée par des manifestations contre son rôle dans la guerre au Yémen et la répression dans son pays.

Avec AFP

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