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"Gilets jaunes" : confronté à une crise politique majeure, l'Élysée cherche une réponse

Emmanuel Macron dimanche 2 décembres aux alentours de l'Arc de Triomphe, au lendemain des violences en marge des manifestations des "gilets jaunes".
Emmanuel Macron dimanche 2 décembres aux alentours de l'Arc de Triomphe, au lendemain des violences en marge des manifestations des "gilets jaunes". Abdulmonam Eassa, AFP

Au lendemain d'une troisième journée de mobilisation des "Gilets jaunes" à travers la France et émaillée de violences à Paris, une réunion d'urgence a eu lieu dimanche à l'Élysée. L'opposition critique la gestion de la crise.

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Emmanuel Macron, confronté à une crise politique majeure, est allé constater les dégâts dimanche 2 décembre à Paris au lendemain des scènes de violence urbaine qui se sont déroulées lors de la mobilisation des "Gilets jaunes".

Tout juste revenu du sommet du G20 à Buenos Aires, le chef de l'État a présidé une réunion de crise à l'Élysée avec le Premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'État Laurent Nuñez ainsi que le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

"Le cap est le bon"

Une partie de l'opposition et des "Gilets jaunes" attendait un geste fort de la part d'Emmanuel Macron, par exemple un gel des hausses des taxes sur les carburants, après les graves violences qui ont fait la veille 263 blessés en France, dont 133 rien qu'à Paris .

>> À lire : 412 interpellations, des violences "d'une gravité sans précédent" à Paris

En guise de réponse, le président, qui ne s'est pas exprimé publiquement, a demandé au Premier ministre de recevoir lundi les chefs de partis représentés au Parlement et des représentants des "gilets jaunes".

"Je me félicite que le gouvernement commence à prendre la mesure de ce qui se passe dans le pays", a réagi le patron du Parti Socialiste, Olivier Faure.

Outre les chefs de partis, sera reçu "le collectif des gilets jaunes qui a exprimé sa volonté de nouer un dialogue avec le gouvernement" dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, ainsi que la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo.

À défaut de s'exprimer en public, le président a envoyé plusieurs membres du gouvernement occuper le terrain. L'occasion notamment pour le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux de répéter qu'il n'y aura pas de changement de cap, "parce que le cap est le bon".

Dégradations "immenses"

Avant de retrouver l'Élysée, le président s'était d'abord rendu à l'Arc de Triomphe, théâtre de violences et de dégradations. Il s'est rendu au pied de la tombe du soldat inconnu, avant d'entrer à l'intérieur du monument, tagué et en partie saccagé.

Il a ensuite rendu hommage aux forces de l'ordre et rencontré des commerçants sur l'avenue Kléber, vandalisée la veille. Parfois applaudi, il a aussi essuyé des huées de "Gilets jaunes".

Le président "a été choqué des dégradations", a indiqué l'Elysée.

Le préfet de police Michel Delpuech a fait état d'actes "d'une gravité sans précédent" et d'une "violence extrême et inédite" contre les forces de l'ordre. Au total, 412 personnes ont été interpellées et 378 placées en garde à vue à Paris, selon la préfecture de police. "Les deux tiers environ" seront déférées devant la justice, a indiqué la ministre de la justice Nicole Belloubet qui a promis "une réponse pénale tout à fait ferme".

La maire de Paris Anne Hidalgo a indiqué que le coût des dégradations surprendra "tant elles sont immenses".

Des incidents ont également eu lieu en province en marge d'une mobilisation qui a rassemblé samedi 136 000 manifestants en France selon le ministère de l'Intérieur, contre 166 000 le 24 novembre.

À Toulouse, 57 personnes, dont 48 policiers, ont été blessées samedi. À Arles (Bouches-du-Rhône), un automobiliste est décédé dans la nuit après avoir percuté un poids lourd à l'arrêt en raison d'un bouchon provoqué par un barrage des "gilets jaunes. Il s'agit du troisième décès accidentel depuis le début du mouvement.

L'opposition sur les rangs

"Le gouvernement n'a pas le droit à un troisième samedi noir", a mis en garde le président du Sénat Gérard Larcher, alors que plusieurs appels ont été lancés sur Facebook pour manifester à nouveau samedi prochain à Paris.

La première réponse de l'exécutif a d'abord été celle de la fermeté. Emmanuel Macron a souhaité que Christophe Castaner "mène une réflexion sur la nécessité éventuelle d'une adaptation du dispositif du maintien de l'ordre dans les jours à venir" face à "des casseurs plus violents, plus mobiles, plus organisés". Mais l'éventualité d'instaurer l'état d'urgence n'a pas été évoquée, a ajouté la présidence.

L'opposition a sommé le chef de l'État de réagir face à une situation souvent décrite comme "insurrectionnelle".

À droite, le président des Républicains Laurent Wauquiez a réitéré son appel à un référendum sur la politique écologique et fiscale d'Emmanuel Macron.

Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) ont plaidé de concert dimanche pour une dissolution de l'Assemblée nationale.

À gauche, Olivier Faure a réclamé des États généraux sur le pouvoir d'achat. Le mouvement Génération.s de Benoît Hamon a réclamé la démission de Christophe Castaner.

Avec AFP

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